MORDVE

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Nationalité de langue finno-ougrienne, les Mordve était au nombre de 1 073 000 lors du recensement de 1989 (0,7 p. 100 de la population soviétique totale). Le territoire des Mordve devint en 1930 une région autonome, et en 1934 république socialiste soviétique autonome des Mordve. En janvier 1991, elle proclame sa souveraineté sous le nom de république de Mordovie. La capitale, Saransk, comptait 312 000 habitants en 1989. Les Mordve constituaient 32,5 p. 100 de la population de leur république (313 000) en 1989 alors que les Russes en constituaient 60,8 p. 100 (586 000). On trouve aussi des Mordve en Tchouvachie (20 000), au Tatarstan (30 000) et dans la région de Penza.

Russie : carte administrative

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Carte administrative de la Russie. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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L'appellation de Mordve est employée pour l'ensemble de l'ethnie qui se divise en deux groupes principaux : les Mordvou-Erzia et les Mordvou-Mokchou. Chacun de ces deux groupes conserve jusqu'à présent les noms d'Erzia et de Mokcha.

Les Erzia vivent essentiellement dans les régions de l'est et du nord-est de la république, tandis que les Mokcha peuplent la région nord de la Mordovie. Quoique le processus de différenciation culturelle date des vie et viie siècles, ces deux groupes sont toujours restés en contact étroit.

Si la masse des Mordve a résisté, jusqu'à présent, à l'assimilation culturelle, deux sous-groupes ethniques, les Tevioukhan et les Karataï, n'y ont pas échappé. Les Tevioukhan habitent la région de Nijni-Novgorod, et on peut considérer qu'actuellement ils se sont complètement intégrés dans la population russe. Mais jusqu'aux années 1920, tout en parlant le russe, ils s'appelaient Mordve et avaient conservé toute une série de traits culturels (costume, coutumes) de leur origine ethnique. Les Karataï habitent trois gros villages de la région de Tatiouch (république du Tatarstan) et parlent le tatar. Pourtant, si leur culture matérielle est proche de la culture russe, certaines de leurs traditions et leur folklore sont entièrement originaux. Les Karataï (nom de l'un des villages dans lesquels ils vivent) se déclarent toujours Mordve.

Les langues erzia et mokcha forment un groupe particulier des langues finno-ougriennes : l'erzia est plus proche du russe sur le plan phonétique ; le mokcha possède plus de particularités phonétiques et un assez grand nombre de mots tatars dans son vocabulaire.

Au xixe siècle, l'organisation sociale du village mordve était très proche du village russe, mais la communauté familiale (de 30 à 40 personnes) subsistait, en particulier chez les Mokcha. Héritière de ce type de famille traditionnelle, la vie économique conserva très longtemps un aspect communautaire que la formation de familles de type nucléaire n'ébranla pas.

Après une islamisation très superficielle — seuls quelques seigneurs locaux, les Tarhan et les Mourza s'étaient convertis à l'islam, mais passèrent par la suite à l'orthodoxie —, la christianisation commença dès le xvie siècle, prenant une ampleur très grande au xviiie siècle. Néanmoins, les cultes préchrétiens se conservèrent : la Mère de la Forêt (Vir-Ava) ; la Mère de l'Eau (Ved-Ava), la Mère du Vent (Varma-Ava) ; le Père de la Forêt (Vir-Atia) ; le Père de la Terre (Mod-Atia). Ces divinités mâles et femelles étaient bonnes et mauvaises à la fois ; pour se les attacher, on organisait des fêtes dans les champs, les forêts, près des rivières et dans les maisons et on leur faisait des offrandes. Sous l'influence des différentes civilisations monothéistes avec lesquelles les Mordve avaient été en contact (judaïsme des Khazar, islam et orthodoxie), la croyance en un seul Dieu supérieur s'imposa : les Erzia l'appelaient Nikche-Paz ou Vere-Paz (Dieu supérieur) ; les Mokcha le nommaient Chkaï.

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FINNO-OUGRIENNES LANGUES

  • Écrit par 
  • Jean PERROT
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Dans le chapitre « Le domaine finno-ougrien »  : […] Ces langues sont aujourd'hui localisées, pour la plupart, dans des contrées nordiques, de la Norvège à la Sibérie occidentale ; le hongrois est la seule exception notable. Elles occupent des aires d'importance très inégale avec souvent une densité de population très faible. Le nombre total des individus parlant des langues finno-ougriennes doit être de 20 à 22 millions, pour une quinzaine de langu […] Lire la suite

Pour citer l’article

Charles URJEWICZ, « MORDVE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 10 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/mordve/