MO YAN (1955- )

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Une œuvre ouverte à tous les vents

Cet enracinement ne signifie pas pour autant un enfermement. L'œuvre de Mo Yan s'inspire de courants littéraires divers. Si elle est parcourue par la tradition chinoise (récits fantastiques et romans populaires traditionnels, art des conteurs de rue, opéra local), elle s'ouvre tout autant aux littératures du monde. Cette approche a été favorisée par l'immense chantier de traduction qui a débuté après la mort de Mao Zedong, en 1976 : parmi ses découvertes, celle de l'œuvre de Faulkner. Mo Yan lui emprunte l'abandon de la linéarité du récit, les points de vue multiples de la narration, l'importance accordée aux sensations brutes. La lecture de Cent Ans de solitude de Gabriel Garciá Márquez jouera également un rôle notable. Le foisonnement de ce récit marqué du sceau du réalisme magique influencera l'écriture de Mo Yan. Ainsi, cette propension à la digression se traduit chez lui par le biais de récits dans le récit ou d'associations d'idées : autant de procédés qui creusent, en profondeur, la narration. Mais il retrouve également chez le romancier sud-américain, avec l'invention du village de Macondo, la quête d'un pays natal spirituel dont la douceur s'est perdue.

À chaque nouvelle création, Mo Yan lance un défi au genre du roman. Dans Le Clan du sorgho (1986), chaque personnage, à tour de rôle, raconte sa propre histoire ; Treize Pas (1989) fait s'entremêler au moins cinq fils narratifs. Dans Le Pays de l'alcool (1993), Mo Yan imbrique le récit d'une enquête policière et un dialogue épistolaire entre l'auteur et un écrivain novice. La narration du Supplice du santal est tissée grâce aux voix des cinq personnages principaux. Quant à Grenouilles, le récit, une fois de plus, s'enrichit d'une correspondance épistolaire et se termine par une parodie de pièce de théâtre.

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Pour citer l’article

Chantal CHEN-ANDRO, « MO YAN (1955- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 février 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/mo-yan/