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MINSEITŌ

Parti politique japonais (1927-1940). Son nom complet est Rikken Minseitō, c'est-à-dire Parti constitutionnaliste de la politique populaire. Ses origines sont diverses et complexes. Elles remontent au Kaishintō (Parti de la réforme), fondé en 1882 par Ōkuma Shigenobu, qui avait quitté le gouvernement de Meiji, l'année précédente, pour n'avoir pas été écouté lorsqu'il avait suggéré la convocation immédiate d'un parlement. Ce parti s'était donc fixé pour but d'instaurer au Japon un système parlementaire analogue à celui de l'Angleterre. Il subit quelques modifications après la promulgation de la première Constitution de 1889 et devint le Simpotō (Parti du progrès) en 1896. Puis il fusionna avec le Parti libéral (Jiyūtō) en 1898, lorsque Itagaki Taisuke, président de ce dernier, forma un cabinet avec Ōkuma Shigenobu. Ainsi naissait un parti parlementariste unique : le Kenseitō (Parti de la politique constitutionnelle). Mais, au bout de quatre mois seulement, Itagaki, ministre de l'Intérieur, interdit la réunion de la fraction du parti attachée à Ōkuma, tandis qu'il présidait un meeting de la fraction qui lui était fidèle. Cette scission détermina la chute du cabinet Ōkuma-Itagaki, et Ōkuma dut regrouper son propre parti, qui prit le nom de Kenseihontō. Après la formation de la Seiyūkai en 1900, ce parti éclata et survécut cependant au sein du Kokumintō (Parti de la nation), créé en 1910, date à laquelle Ōkuma se retira une première fois de la vie publique. Par ailleurs, Ōkuma tentait de faire participer ses amis proches du trust Mitsubishi, dont il avait encouragé le développement, dès les années 1870, aux gouvernements qui n'étaient pas soutenus par la Seiyūkai. De la guerre russo-japonaise à la Première Guerre mondiale, un noyau nouveau d'hommes politiques se trouvant dans l'entourage de Ōkuma participa aux gouvernements militaristes et expansionnistes du général Katsura. Tel fut le cas de Wakatsuki Reijirō, haut fonctionnaire du ministère des Finances, et de Katō Takaaki, diplomate de carrière, dont les liens avec Mitsubishi étaient évidents puisqu'il était le gendre d'Iwasaki Yatarō. À ce stade, ces hommes nouveaux dans la politique se tenaient à distance des mouvements de démocratie parlementaire, par exemple le mouvement dit de la « sauvegarde de la Constitution » de fin 1912 à début 1913, qui étaient dirigés contre les gouvernements dont ils faisaient partie. Cependant, ils forment en 1913 une association dont les objectifs étaient analogues à ceux des partis naguère animés par Ōkuma. Lorsque celui-ci constitua son second cabinet, en 1914, ils y entrèrent. Mais, d'une part, ils se laissèrent entraîner dans la politique militaire d'intervention en Chine, dès le début de la Première Guerre mondiale, et, d'autre part, ils furent en désaccord avec Ōura Kanetake, ministre de l'Intérieur, qui, aux élections de 1915, utilisa des moyens qu'ils désapprouvaient (subventions aux députés qui soutenaient Ōkuma, achat des suffrages). Ils démissionnèrent donc et fondèrent, l'année suivante, un parti rénové, la Kenseikai (Association de la politique constitutionnelle). Pendant les deux dernières années de la guerre et jusqu'à la grave crise économique provoquée par le grand tremblement de terre de 1923, ce parti se détacha peu à peu du mouvement parlementariste hérité du xixe siècle et qui avait été animé par Ōkuma, décédé en 1922, et évolua vers un mouvement démocratique modéré représentant surtout la haute bourgeoisie proche du trust Mitsubishi. À partir de 1923, il sortit de sa réserve et dirigea le deuxième mouvement de « sauvegarde de la Constitution » dans l'intention d'établir au Japon un système parlementaire fondé sur le bipartisme avec la Seiyūkai, alors même que l'existence du Parti communiste japonais[...]

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Pour citer cet article

Paul AKAMATSU. MINSEITŌ [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Article mis en ligne le et modifié le 14/03/2009

Autres références

  • JAPON (Le territoire et les hommes) - Histoire

    • Écrit par , , , et
    • 44 405 mots
    • 52 médias
    ...protestation de l'opposition de toutes tendances. Les communistes, efficaces dans l'action clandestine, furent pourchassés et incarcérés. Au Parlement même, le Minseitō, deuxième parti de la Chambre des députés, attaqua violemment le gouvernement. Pour finir, interrogé par l'empereur lui-même, dit-on, sur les...
  • SEIYŪKAI

    • Écrit par
    • 993 mots
    • 1 média

    Parti politique japonais, dont le nom complet est Rikken Seiyūkai, c'est-à-dire Association constitutionnaliste des amis de la politique (1900-1940). Fondée par Itō Hirobumi, la Seiyūkai est issue des mêmes origines que le Minseitō. Lorsque la tentative d'un gouvernement que soutenait le parti...