TOUKHATCHEVSKI MIKHAÏL NIKOLAÏEVITCH (1893-1937)

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Né dans une famille de propriétaires terriens, officier du régiment de la garde Semenovski, lieutenant pendant la Première Guerre mondiale, Mikhaïl Toukhatchevski est alors fait prisonnier ; il parvient à s'échapper et à regagner la Russie en octobre 1917. En avril 1918, il adhère au Parti communiste (bolchevique) de Russie et participe à la fondation de l'Armée rouge. Il est successivement commandant de la Ire armée sur le front est, où il repousse Koltchak, de la VIIIe sur le front sud, de la Ve sur le front est, où il réalise une audacieuse percée à travers l'Oural, de la XIIIe sur le front sud, où il repousse Denikine. Avec Frounze et Goussev, il mène bataille pour une conception prolétarienne de la guerre, fondée sur l'offensive à outrance, l'élimination des spécialistes militaires tsaristes, la formation de groupes de partisans et la décentralisation du commandement. Partisan de l'extension de la guerre révolutionnaire hors de la Russie soviétique, il commande l'Armée rouge lors de la campagne de Pologne (1920). Il réprime, en 1921, la révolte de Cronstadt et celle des paysans de Tambov.

Chef de l'Académie militaire, commandant des armées du front sud, adjoint au chef d'état-major en 1922, il devient en 1925 commandant de la région militaire sud, chef du Comité militaire révolutionnaire et chef d'état-major de l'Armée rouge, poste qu'il occupe jusqu'en 1928 où il devient commandant de la région militaire de Leningrad. Chef militaire le plus populaire et jouissant d'une très grande autorité, il devient en juin 1931 directeur des armements de l'Armée rouge. Vice-commissaire du peuple à la Défense jusqu'en mai 1936, vice-président du Conseil militaire jusqu'en mai 1937, il préconise le développement des divisions blindées et souligne l'importance de l'aviation. C'est la fin de son ascension : Staline écarte peu à peu les grands héros de la guerre civile et les remplace par ses fidèles. Cité par Radek au second grand procès de Moscou en 1937, celui qui a été un homme de guerre fougueux et même aventureux, un stratège aux vastes idées, attend son arrestation qui survient le 8 juin 1937. Accusé de haute trahison au profit de l'Allemagne nazie, jugé à huis clos avec sept de ses collègues, il est condamné à mort et exécuté.

—  Claudie WEILL

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ARMÉE - Doctrines et tactiques

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  • Jean DELMAS
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Pour citer l’article

Claudie WEILL, « TOUKHATCHEVSKI MIKHAÏL NIKOLAÏEVITCH - (1893-1937) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 17 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/mikhail-nikolaievitch-toukhatchevski/