OTERO SILVA MIGUEL (1908-1987)

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« Un enterrement n'est pas chose extraordinaire à Ortiz. Bien au contraire, le frottement des espadrilles avait fait disparaître définitivement l'herbe du chemin qui conduisait au cimetière, et les chiens suivaient avec une mansuétude routinière ceux qui portaient le cercueil, ou les précédaient en montrant la route mille fois parcourue. » Ces quelques lignes extraites de l'incipit du deuxième roman du Vénézuélien Miguel Otero Silva, Maisons mortes (Casas muertas, 1955), montrent, comme c'était déjà le cas pour son premier roman, Fiebre (1936), un écrivain à l'écoute attentive de la révolte « fiévreuse » ou de la torpeur mortelle qui s'emparent périodiquement de son pays. Ce « poème tragique de la ruine d'une ville et de ses habitants », comme l'a qualifié un autre grand romancier vénézuélien, Arturo Uslar Pietri, rappelle aussi qu'Otero Silva a fait ses premières armes dans le domaine de la poésie, en particulier avec cette œuvre de tonalité à la fois populaire et solennelle qu'est Élégie chorale à Andrés Eloy Blanco, où la complainte pour la mort d'un poète se transforme en un hymne polyphonique au destin grandiose et tragique du Venezuela.

Chroniqueur, critique d'art – grand collectionneur, il a été un des plus ardents défenseurs de l'œuvre du peintre vénézuélien Armando Reverón –, créateur du journal le plus important du pays, El Nacional, Miguel Otero Silva s'inscrit dans la lignée du réalisme symbolique brillamment représentée au Venezuela par Rómulo Gallegos. Solidement étayées par des enquêtes de terrain, concentrées sur une région et une problématique précises, animées par des convictions idéologiques qui poussent l'auteur tantôt à un engagement clairement affirmé, tantôt à une prise de distance mûrement réfléchie, les fictions de Miguel Otero Silva possèdent un souffle lyrique, un pathétisme élégiaque, et un humanisme non dénué d'humour qui leur donnent une place fondamentale dans la saga nationale.

L'œuvre narrative [...]


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Écrit par :

  • : professeur émérite à l'université de Paris-III-Sorbonne nouvelle

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Claude FELL, « OTERO SILVA MIGUEL - (1908-1987) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 octobre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/miguel-otero-silva/