FICTIONS, Jorge Luis BorgesFiche de lecture

Né en 1899 dans la grande bourgeoisie argentine, Jorge Luis Borges doit son bilinguisme à une grand-mère anglaise. Il mène longtemps une vie oisive de poète avant-gardiste, assombrie par la cécité de son père, qui sera, il le sait, bientôt la sienne. En 1938, il perd son père, doit gagner sa vie et échappe de justesse à la mort. Devenu bibliothécaire, Borges se tourne vers la fiction et commence en écrivant « Pierre Ménard, auteur du Quichotte ». Dès lors, ses brefs récits vont courir le monde et s'incorporer, à l'égal des mythes méditerranéens qui les inspirent parfois, à la mémoire universelle. Reconnu dès la cinquantaine comme l'un des plus grands, et couvert d'honneurs, il s'est toujours plu à tenir des propos provocateurs qui l'ont écarté du Nobel. Borges s'est éteint à Genève en 1986.

Fictions paraît à Buenos Aires en 1944. La première édition (quatorze textes) est constituée de deux recueils : l'un, déjà publié en 1941, s'intitule Le Jardin aux sentiers qui bifurquent ; l'autre, inédit, porte un titre significatif, Artifices. En 1956, Borges enrichit le volume de trois nouvelles, dont un récit partiellement autobiographique considéré comme une de ses œuvres maîtresses : « Le Sud ».

Une littérature labyrinthique

« L'univers (que d'autres nomment la Bibliothèque) se compose d'un nombre indéfini, et peut-être infini, de galeries hexagonales, avec au centre de vastes puits d'aération bordés par des balustrades très basses. De chacun de ces hexagones on aperçoit les étages inférieurs et supérieurs, interminablement. ». Ainsi débute « La Bibliothèque de Babel ». Nous pénétrons dans un monde illuminé et désert, interminablement peuplé de rayonnages qui débouchent sur le vide. Seul survivant, le vieillard qui l'habite s'interroge avant de se dissoudre à son tour dans une chute sans fin. Tout ici est énigme : le lieu, l'espace, le temps, le nombre illimité des livres. En vain les hommes ont tenté de percer le mystère avant de s'éteindre. La réponse viendra-t-elle des dieux ? [...]


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BORGES JORGE LUIS

  • Écrit par 
  • Saul YURKIEVICH
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Dans le chapitre « Une esthétique de l'apocryphe »  : […] Vagabond lettré, Borges se veut le flâneur qui s'adonne aux plus vastes déambulations livresques, dont « La Bibliothèque de Babel » est comme l'allégorie. Son œuvre suppose un prolifique mais jamais profus « théâtre de variétés » où le vernaculaire côtoie l'exotique, où les espions s'allient aux sinologues (« Le Jardin aux sentiers qui bifurquent […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/jorge-luis-borges/#i_25467

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Pour citer l’article

Ève-Marie FELL, « FICTIONS, Jorge Luis Borges - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 septembre 2017. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/fictions/