CRESPIN MICHEL (1940-2014)

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Poète de l’éphémère,metteur en scène et scénographe urbain, Michel Crespin a fait du théâtre de rue un art à part entière.

Né à Paris le 18 octobre 1940, ce fils de militaire mort à la guerre, passé par les enfants de troupe, licencié ès lettres et certifié en sciences physiques, voit son destin bouleversé par Mai-68. L’heure est à la contestation du « vieux monde » et, en art, à l’invention d’un rapport nouveau avec le public. Dépassant la remise en cause des règles traditionnelles de la scène. Michel Crespin, à l’instar de Jacques Livchine et Hervée de Lafond, conteste l’existence même du lieu théâtral et rêve de transformer la ville en une « scène ouverte à 3600 ». En 1971, il abandonne l’Éducation nationale pour fonder la compagnie Théâtracide avec son frère Claude, Bernard Maître et Jean-Marie Binoche. Il se produit dans le « off » du festival d’Avignon, signe ses premiers spectacles et rencontre Jean Digne, le directeur du Théâtre du Centre d’Aix-en-Provence. Fondateur de la semaine « Ville ouverte aux saltimbanques » en 1972, celui-ci l’invite à participer à la manifestation, puis, quatre ans plus tard, l’entraîne dans l’aventure des Ateliers publics d’arts et de spectacles d’inspiration populaire, à Manosque.

C’est à la tête de sa nouvelle compagnie, Les Charmeurs réunis, que Michel Crespin réalise son premier coup d’éclat, « La Falaise des fous ». En 1980, l’espace d’un week-end, il rassemble sur les bords du lac de Chalain, dans le Jura, quelque 70 troupes de jongleurs, bateleurs, équilibristes et autres « performers » de haut vol regroupés sous le titre Les Saltimbanks réunis. Des milliers de spectateurs sont au rendez-vous de ce qui sera considéré comme le manifeste des arts de la rue. Avec le concours de Fabien Jannelle, directeur du centre d’action culturelle de Marne-la-Vallée, Michel Crespin fonde, en 1982, Lieux publics. Ce Centre international de rencontres et de création pour les pratiques artistiques dans les lieux publics et les espaces libres des villes s’installe à Noisiel, dans les anciens bâti [...]


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Écrit par :

  • : journaliste, responsable de la rubrique théâtrale à La Croix

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ARTS DE LA RUE

  • Écrit par 
  • Emmanuel WALLON
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Dans le chapitre « Festivals et fabriques »  : […] L'intégration des arts de la rue au paysage institutionnel résulte surtout des efforts des artistes. En fondant des festivals et des fabriques, ils ont pu séduire une partie de la critique et convaincre les tutelles d'apporter leur aide à une profession en pleine structuration. Le prix à payer est à l'aune de ces acquis : la subversion recule quand progressent les subventions. En 1983, Michel Cre […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/arts-de-la-rue/#i_56284

Pour citer l’article

Didier MÉREUZE, « CRESPIN MICHEL - (1940-2014) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/michel-crespin/