MOORCOCK MICHAEL (1939- )

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Auteur britannique de science-fiction et de fantasy, Michael Moorcock est à l'origine, avec le magazine New Worlds, d'une nouvelle école nationale de la science-fiction, qui a repoussé les limites du genre.

Michael John Moorcock naît le 18 décembre 1939 à Mitcham (Surrey). Sa carrière commence dès l'adolescence, lorsqu'il se met à vendre en 1956 des récits de fiction à divers pulp magazines britanniques. L'année suivante, âgé de dix-huit ans seulement, il devient rédacteur en chef de la revue hebdomadaire Tarzan Adventures.

En 1964, Michael Moorcock prend la direction de New Worlds. Pionnière d'un renouveau de la science-fiction, cette revue mensuelle publie des œuvres qui font appel à des techniques d'écriture d'avant-garde – l'écrivain américain William Burroughs est souvent cité comme source d'inspiration – et qui explorent des thèmes auparavant tabous dans ce genre littéraire, en particulier la sexualité. De multiples ouvrages paraissent ainsi sous l'égide de Michael Moorcock : les textes fragmentés de J. G. Ballard, qui seront plus tard réunis sous le titre The Atrocity Exhibition (1970, La Foire aux atrocités), Camp Concentration (1968, Camp de concentration) de Thomas Disch, qui dépeint un camp militaire américain où des prisonniers politiques sont soumis à des expériences visant à accroître leur intelligence, ou encore Barefoot in the Head (1969) de Brian Aldiss, qui raconte les suites d'une guerre au cours de laquelle des bombes chargées de drogues psychédéliques ont été lancées sur l'Europe.

En 1967, Michael Moorcock remporte le prix Nebula, qui récompense des œuvres de fantasy et de science-fiction, pour son roman court Behold the Man (Voici l'homme). Un voyageur venu du xxe siècle y remonte le temps et prend la place de Jésus afin que les Écritures puissent s'accomplir. La revue New Worlds cesse de paraître en 1970, mais ressort jusqu'en 1976 dans les kiosques sous la forme d'un magazine trimestriel, toujours dirigé par Michael Moorcock.

Une grande partie des œuvres de fantasy et de science-fiction de Michael Moorcock se déroulent dans le « multivers ». Ce terme désigne une infinité d'univers parallèles dans lesquels le Champion éternel, héros solitaire capable d'adopter de nombreuses formes, lutte contre les forces qui tentent de rompre l'équilibre entre l'ordre et le chaos. Nombre de ces romans et nouvelles font partie de séries étroitement liées les unes aux autres, sur lesquelles l'écrivain ne cessera de revenir au cours de sa carrière. Le personnage d'Elric de Melniboné, que l'on voit pour la première fois dans la nouvelle The Dreaming City (1961, « La Cité qui rêve » in Elric le nécromancien), fait sa dernière apparition bien plus tard, dans The White Wolf's Son (2005). Empereur albinos à la tête d'une civilisation décadente qui exista sur terre dans un lointain passé, il est l'une des incarnations du Champion éternel. Ce cycle était à l'origine conçu comme une critique de la série de Robert E. Howard consacrée à Conan le Barbare. Les aventures de Jerry Cornelius débutent quant à elles dans The Final Programme (1968, Le Programme final, adapté au cinéma sous le titre Les Décimales du futur) et se terminent dans The Condition of Muzak (1977, Vous aimez la muzak ?). Le personnage principal, autre avatar du Champion éternel, erre dans l'Angleterre du xxe siècle sous diverses apparences, de l'agent secret au messie, avant de se révéler être un simple adolescent londonien.

Michael Moorcock a publié également des romans grand public, tels que Mother London (1988, traduit en français sous le même titre), évocation impressionniste de Londres, du Blitz aux années 1980, et une tétralogie sur la Shoah qui regroupe Byzantium Endures (1981, Byzance 1917), The Laughter of Carthage (1984), Jerusalem Commands (1992) et The Vengeance of Rome (2006).

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Erik GREGERSEN, « MOORCOCK MICHAEL (1939- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/michael-moorcock/