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MÉMORIAL DE CAEN

Implanté à proximité des principaux lieux du Débarquement, le Mémorial de Caen entend être un lieu de mémoire et d'enseignement, un centre de réflexion sur les risques de conflits mondiaux, mais aussi un pôle touristique de la Normandie.

Avec plus de 600 000 visiteurs par an, le Mémorial fait de Caen le haut lieu commémoratif du Débarquement. C'est d'ailleurs dans cette perspective que la ville, aux trois quarts détruite lors d'un siège de quarante jours, en juin-juillet 1944, avait été l'investisseur principal du projet. Son coût global (112 millions de francs) fut réparti entre les budgets de la municipalité caennaise, du département du Calvados, de la région Basse-Normandie et de l'État. Trois banques figurent au capital du Mémorial ainsi que Moulinex, Promodès S.A., la chambre de commerce et d'industrie du Calvados et six organismes axés sur le tourisme, dont Brittany Ferries et Tourisme Verney.

Doté d'une médiathèque riche de plus de 14 000 ouvrages, de 40 000 photos et de 400 heures de films, le Mémorial de Caen dispose d'un service d'archives et de documentation où 1 000 heures de témoignages oraux sont stockées.

Les 14 000 mètres carrés du Mémorial ont pour première vocation d'être un musée. La scénographie se développe en sept séquences où s'exposent d'abord « la faillite de la paix » entre 1918 et 1939 ; « la France des années noires », entre collaboration et résistance ; « le Génocide ». Après ces espaces, délibérément peu éclairés, les visiteurs parcourent trois zones lumineuses consacrées aux séquences « guerre mondiale, guerre totale », « le jour J », « de la bataille de Normandie à la fin de la guerre ». L'emploi de cartes animées et de tableaux lumineux est général, mais c'est à l'évocation du jour J que sont réservés deux écrans géants sur lesquels sont projetés, en doubles images, des films d'archives et de fiction. Le parcours s'achève dans une salle de projection où le film Espérance définit la paix comme « un appel, un espoir, un défi quotidien ». La galerie des Prix Nobel de la paix rappelle les noms des lauréats depuis 1901, et évoque leurs actions afin de susciter des prises de conscience individuelles et le sens de la responsabilité collective.

Le Mémorial, dont la première pierre fut posée par Jacques Chirac alors qu'il était Premier ministre, fut inauguré le 6 juin 1988 par le président de la République François Mitterrand. Construit au-dessus d'un ancien poste de commandement allemand, il se prolonge par 23 hectares de créations florales dédiées à la paix. Ces floralies complètent le Jardin mémorial des forces armées américaines. Le Jardin canadien du souvenir s'est ajouté à cet ensemble : il comporte quatre stèles où sont gravés les noms de toutes les unités canadiennes engagées dans la bataille de Normandie et des bancs de pierre portant les noms des cent dix-neuf communes normandes où elles ont combattu. En 2005, un Jardin britannique a été créé.

Les promoteurs du Mémorial voulaient combiner en un seul lieu art, mémoire et savoir. Ils continuent de mettre l'accent sur “la mémoire et l'émotion” en assurant la communication, la commercialisation et la gestion de trois sites historiques : celui de Pegasus Bridge, à Bénouville, avec un spectacle son et lumière ; celui de Douvres-la-Délivrande, où une station radar a été reconstituée ; celui des batteries allemandes de Longues-sur-Mer, où un bus aménagé fait comprendre ce que fut, pour le III e Reich, la forteresse Europe et son mur de l'Atlantique. Les 8  000 pièces du service des collections illustrent la vie quotidienne en temps de guerre comme les développements technologiques avec les matériels de radio et les machines à chiffrer. Le radar Würzburg Riese restauré, les orgues[...]

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Écrit par

  • : docteur en études politiques et en histoire, ancien délégué-adjoint aux célébrations nationales (ministère de la Culture et de la Communication)
  • Universalis : services rédactionnels de l'Encyclopædia Universalis

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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