PETRE MAUDE (1863-1942)

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Miss Petre, ainsi qu'elle était et demeure connue, a été, avec l'Italienne Antonietta Giacomelli, l'une des deux femmes du modernisme catholique. Elle appartenait à une vieille et noble famille catholique anglaise où, de tradition, la fidélité à l'Église romaine et la haute culture s'alliaient à une allergie pour l'ultramontanisme. Entrée dans une congrégation religieuse, dont elle fut pendant plus de dix ans supérieure provinciale, elle connut le père Tyrrell en 1900 à l'occasion d'une retraite spirituelle : ce fut le début d'une amitié profonde, malgré les dissonances d'idées et le heurt des caractères. Sécularisée, elle l'accueillit au moment de ses difficultés avec la Compagnie de Jésus et l'assista dans sa dernière maladie, en 1907, avec le baron von Hügel et l'abbé Bremond.

Seule femme au monde invitée à prêter le serment antimoderniste, elle s'y refusa, estimant qu'elle avait assez prouvé son dévouement au catholicisme ; elle fut dès lors privée des sacrements dans son diocèse jusqu'à sa mort, mais put les recevoir dans le diocèse voisin de Westminster : il lui suffisait de passer la Tamise. Elle resta en étroite relation avec les amis modernistes de Tyrrell (Loisy, Bremond) et fut une habituée des décades de Pontigny de Paul Desjardins, où, pendant la guerre, elle avait dirigé un hôpital militaire.

Elle a laissé plusieurs ouvrages importants pour l'histoire du modernisme, dont une biographie de Tyrrell (Londres, 1912), son propre itinéraire religieux (My Way of Faith, Londres, 1936) et un témoignage sur Loisy (Cambridge, 1944).

—  Émile POULAT

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  • : directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales

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Émile POULAT, « PETRE MAUDE - (1863-1942) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/maude-petre/