MAKI FUMIHIKO (1928- )

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Maki Fumihiko est l'un des plus célèbres et des plus talentueux architectes japonais du xxie siècle. Il est né à Tōkyō en 1928. Il y a grandi et y exerce aujourd'hui son métier d'architecte. Diplômé de l'université de Tōkyō en 1952, il poursuit sa formation aux États-Unis, à l'université Harvard à Cambridge (Massachusetts), dont il est diplômé en 1954. Jusqu'en 1966, il travaille à New York pour l'agence Skidmore, Owings & Merril (S.O.M.) et à Cambridge avec l'architecte catalan José Luis Sert (1902-1983). De 1956 à 1965, il poursuit parallèlement une carrière d'enseignant à l'université de Washington puis à l'université Harvard. Au début des années 1960, il participe à la création du groupe Métaboliste à Tōkyō avec des architectes tels que Kiyonori Kikutake et Kurokawa Kishō. En 1965, il rentre à Tōkyō, où il installe sa première agence d'architecture. Il est nommé professeur à l'université de Tōkyō, poste qu'il occupera jusqu'en 1988.

Les toutes premières œuvres de Maki comme le Steinberg Arts Center à Washington (1960), s'inscrivent dans le courant de l'architecture moderne, sans doute sous l'influence de l'agence S.O.M. et de José Luis Sert. On retrouve l'apport du maître catalan dans les auditoriums des universités de Nagoya (1960) et de Chiba (1962). Maki est d'ailleurs un témoin attentif de l'un des derniers C.I.A.M. (Congrès internationaux de l'architecture moderne). Bientôt pourtant, il manifeste une certaine distance avec ce mouvement architectural en participant au mouvement Métaboliste. Mais contrairement aux autres membres de ce groupe, convaincus de la nécessité de développer des projets spectaculaires et utopistes, Maki s'oriente vers une réflexion sur le concept de « formes collectives » dont on peut voir l'une des illustrations dans le projet de l'université de Risshō (1967-1968) à Kumagaya, préfecture de Saitama. Petit à petit, il développe une démarche originale fondée sur le principe d'une architecture composée de volumes fragmentés. La première tranche du projet de logements de Hillside Terrace (1969) à Tōkyō annonce cette évolution. Dans ce projet, on découvre une autre préoccupation de Maki : la recherche de la qualité dans la définition des espaces publics extérieurs, comme dans d'autres œuvres : l'école élémentaire Katō Gakuen (en 1972, à Numazu, préfecture de Shizuoka), le musée Toyota Kuragaike (en 1974, dans la ville de Toyota, préfecture de Hyōgo) ou le musée Iwasaki (en 1979 à Ibusuki, préfecture de Kagoshima).

Maki s'intéresse aussi aux relations entre les bâtiments et leur contexte, ce qui le différencie de nombre de ses confrères. Dans un bâtiment à vocation d'équipement culturel commandé par un groupe industriel, il tente d'exprimer deux éléments qui font partie, à ses yeux, de l'histoire des formes de Tōkyō : la grille et la spirale. Ce bâtiment, appelé Spiral, sera construit à Tōkyō en 1985. Également à Tōkyō, le pavillon Tepia, réalisé en 1989 obéit à la même logique d'une production définie par l'architecte lui-même comme relevant de l'idée de « vernaculaire industriel ». Dans ces différents bâtiments, Maki confirme en effet sa prédilection pour l'utilisation du métal, tel que le projet du gymnase municipal d'Akibadai à Fujisawa (1984) le laissait déjà entendre.

Avec celles du musée d'Art moderne de Kyōto (1986), les photographies de toutes ces œuvres sont publiées dans les revues d'architecture du monde entier. Maki est consulté, au Japon comme à l'étranger, pour de grands projets dont il est l'un des rares architectes japonais à bien maîtriser l'échelle : centre d'expositions internationales de Makuhari Messe à Chiba (1989), gymnase métropolitain de Tōkyō (1990), centre d'art Yerba Buena Garden à San Francisco (1993).

Cette riche carrière de concepteur ne doit pas faire oublier le rôle important qu'il joue dans la formation de jeunes architectes à l'université de Tōkyō. Là, dans son « laboratoire », il mène avec ses étudiants, jusqu'en 1988, un important travail de recherche théorique sur l'espace urbain de Tōkyō, qui permet de mieux comprendre l'ordre caché de cette ville en apparence si chaotique. De même, ses réflexions et ses écrits sur le concept de oku (profondeur) apportent un nouvel éclairage à la question de l'intériorité de l'espace traditionnel japonais.

Au nombre de ses réalisations importantes, on peut compter la septième tranche (1999) de travaux pour l'ensemble de logements de Hillside [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 2 pages

Écrit par :

  • : architecte D.P.L.G., docteur de l'université de Tokyo, professeur à l'École nationale d'architecture de Paris-La Villette

Classification

Autres références

«  MAKI FUMIHIKO (1928- )  » est également traité dans :

JAPON (Arts et culture) - Les arts

  • Écrit par 
  • François BERTHIER, 
  • François CHASLIN, 
  • Nicolas FIÉVÉ, 
  • Anne GOSSOT, 
  • Chantal KOZYREFF, 
  • Hervé LE GOFF, 
  • Françoise LEVAILLANT, 
  • Daisy LION-GOLDSCHMIDT, 
  • Shiori NAKAMA, 
  • Madeleine PAUL-DAVID
  • , Universalis
  •  • 56 382 mots
  •  • 34 médias

Dans le chapitre « Les architectes japonais et la ville »  : […] La ville japonaise, active et foisonnante, anarchique, en proie à une spéculation effrénée, gouvernée par des règles de développement très différentes de celles qui organisent l'espace dans le monde occidental, mue par une vitalité, un sens de l'impermanence qui lui est propre, confuse, labyrinthique et difficile de lecture, est souvent interprétée comme la préfiguration de la mégalopole du xxi e […] Lire la suite

Pour citer l’article

Marc BOURDIER, « MAKI FUMIHIKO (1928- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/maki/