MICHEL LOUISE (1830-1905)

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Née le 29 mai 1830 à Vroncourt-la-Côte (Haute-Marne), fille d'un châtelain et de sa servante, Louise Michel grandit au château de ses grands-parents. Elle y reçoit une éducation libérale et une bonne instruction dans une ambiance voltairienne, qui lui permettent d'obtenir son brevet de capacité : la voilà institutrice. Mais elle refuse de prêter serment à l'empereur et ouvre alors une école privée en 1853. En 1855, elle enseigne dans une institution de la rue du Château-d'Eau. Elle écrit des poèmes, collabore à des journaux d'opposition, fréquente les réunions publiques. Sa rencontre avec Charles Ferré la marque pour la vie. En novembre 1870, elle est présidente du Comité de vigilance républicain du XVIIIe arrondissement. Pendant la Commune, elle est garde au 61e bataillon, ambulancière, et elle anime le Club de la révolution, tout en se montrant très préoccupée de questions d'éducation et de pédagogie. Elle est condamnée le 16 décembre 1871 à la déportation dans une enceinte fortifiée. C'est sans doute en l'apprenant que Victor Hugo écrit son très beau poème « Viro Major ». Arrivée en Nouvelle-Calédonie en 1873, elle s'emploie à l'instruction des Canaques et les soutient dans leur révolte contre les colons. Louise Michel date de cette époque son adhésion à l'anarchie. Après l'amnistie de 1880, son retour à Paris est triomphal. « Un visage aux traits masculins, d'une laideur de peuple, creusé à coups de hache dans le cœur d'un bois plus dur que le granit... telle apparaissait, au déclin de son âge, celle que les gazettes capitalistes nommaient la Vierge rouge, la Bonne Louise » (Laurent Tailhade). Figure légendaire du mouvement ouvrier, porte-drapeau de l'anarchisme, elle fait se déplacer les foules. Militante infatigable, ses conférences en France, en Angleterre, en Belgique et en Hollande se comptent par milliers. En 1881, elle participe au congrès anarchiste de Londres. À la suite de la manifestation contre le chômage de Paris (1883), elle est condamnée à six ans de prison pour pillage, mais graciée. De 1890 à 1895, Louise Michel est à Londres, où elle gère une école libertaire. Rentrée en France, elle reprend ses tournées de propagande. Elle meurt au cours de l'une d'elles à Marseille, en janvier 1905. Ses funérailles donnent lieu à une énorme manifestation, et tous les ans jusqu'en 1916, un cortège se rendra sur sa tombe, au cimetière de Levallois-Perret.

—  Paul CLAUDEL

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Dans le chapitre « L'impuissance du pouvoir »  : […] Délivrée de la guerre extérieure, l'Assemblée des ruraux, des hobereaux et des notables que la province a élus n'a plus devant elle que ces ouvriers, ces artisans, ces petits-bourgeois de Paris, à la fois socialistes, républicains et patriotes, qu'il faut mater. Des mesures sont prises immédiatement contre la population parisienne exténuée par les […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/commune-de-paris-1871/#i_16055

Pour citer l’article

Paul CLAUDEL, « MICHEL LOUISE - (1830-1905) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 février 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/louise-michel/