MARIN LOUIS (1931-1992)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Dans l'ultime ouvrage publié de son vivant, Louis Marin a voulu placer, sur la toute dernière page du dernier chapitre, une citation de Pascal dans laquelle voisinent les mots extrêmes et entre-deux. Ce que disent en substance les quelques phrases déposées là, en fin de parcours, c'est bien qu'il faut toucher les extrêmes : non pas prétendre épuiser toute l'« étendue du l'âme », ce qui est impossible sans doute ; mais courir « entre » et, par un mouvement de traverse, mettre en jeu l'« agilité » — le mot est encore de Pascal —, bref le pouvoir dynamique de créer une pensée en se portant aux extrêmes de chaque chose (Lectures traversières, Albin Michel, Paris, 1992). Ce pourrait être là, via Pascal à propos duquel il aura écrit tant de travaux décisifs, un autoportrait cryptique de Louis Marin, en même temps qu'un énoncé de méthode — cette méthode si généreusement mise en œuvre dans la quinzaine d'ouvrages et dans les innombrables articles qu'il nous a laissés.

Impossible, bien sûr, de résumer les analyses, les propositions, les éblouissements parfois, que cette œuvre singulière continue et continuera de nous offrir, depuis La Critique du discours, consacrée aux Pensées de Pascal et à la logique de Port-Royal (éd. de Minuit, Paris, 1975), jusqu'au Portrait du roi (ibid., 1981) ; depuis les multiples études sur Caravage, Poussin et Philippe de Champaigne, jusqu'aux « essais de mémoire » de La Voix excommuniée (Galilée, Paris, 1981) — cette voix des grands penseurs « autographiques » que furent pour lui saint Augustin, Montaigne ou bien Stendhal. Il demeure non moins impossible de résumer cette voix, justement, cette voix qui fut celle d'un enseignement authentique, mené à l'École des hautes études en sciences sociales aussi bien que dans quelques grandes universités américaines, et pour laquelle vient encore le mot de générosité, celle du savoir, celle de la pensée, celle de l'éthique tout aussi bien.

Louis Marin a porté l'essentiel de son questionnement sur la notion de représentation. Là encore, il cherchait la dynamique des pr [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 2 pages


Écrit par :

Classification


Autres références

«  MARIN LOUIS (1931-1992)  » est également traité dans :

PASCAL ET PORT-ROYAL (L. Marin)

  • Écrit par 
  • Daniel OSTER
  •  • 1 518 mots

Depuis les années 1970, rares sont les œuvres « savantes » qui se présentent aussi comme méditations. Méditation est un mot proprement classique, dont la teneur est tout à la fois philosophique et spirituelle, transitive et intransitive. Il a un sens pour Descartes, pour Pascal plus encore, et il en a un fort voisin pour Louis Marin, dont l'œuvre s'est c […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/pascal-et-port-royal/#i_98340

PHILIPPE DE CHAMPAIGNE OU LA PRÉSENCE CACHÉE, Louis Marin - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Pierre-Antoine FABRE
  •  • 1 126 mots

Dernier grand ouvrage laissé par Louis Marin (1931-1992) et publié après sa mort, Philippe de Champaigne nous renvoie aussi à ses premières publications : les Études sémiologiques (1971) contiennent déjà un essai sur « Philippe de Champaigne et Port-Royal » – P […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/philippe-de-champaigne-ou-la-presence-cachee/#i_98340

Pour citer l’article

Georges DIDI-HUBERMAN, « MARIN LOUIS - (1931-1992) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 17 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/louis-marin/