LONDONDERRY

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Médias de l’article

Affrontements dans le Bogside à Derry (12 août 1969)

Affrontements dans le Bogside à Derry (12 août 1969)
Crédits : Hulton Getty

photographie

Bataille dans le Bogside à Derry en août 1969

Bataille dans le Bogside à Derry en août 1969
Crédits : Hulton Getty

photographie

Le Dimanche sanglant (30 janvier 1972, Derry)

Le Dimanche sanglant (30 janvier 1972, Derry)
Crédits : Hulton Getty

photographie


Située au pied de la colline de Holywell, sur les deux rives de l'embouchure de la Foyle, Derry a connu un destin agité, à l'image de l'Irlande du Nord, dont elle est la deuxième ville (agglomération : 90 700 hab. au recensement de 2001 ; district  : 107 300 hab. en 2006) après Belfast. En 546, saint Columba lui donne son nom : Dairé Columkille (la Chênaie de Columba). C'est un centre monastique florissant malgré les incursions vikings. Derry devient très tôt l'enjeu de la lutte féroce que se livrent les Irlandais et les Anglais au xviie siècle. Après la défaite et la « fuite des comtes », elle est confisquée aux Irlandais et donnée, en 1613, à la Cité de Londres qui la rebaptise Londonderry, l'enclôt de murs et la peuple de colons. Lors des guerres qui opposent les Stuarts au Parlement, elle prend fait et cause pour ce dernier, repoussant une première attaque en 1649, et résistant héroïquement à un terrible siège de cent cinq jours qui prend fin le 28 juillet 1689. Ce passé ressuscite quand on visite Derry : les vieux murs sont là, qui tinrent contre les batteries de Jacques II, et la colonne de Walker, ce pasteur protestant qui fut l'âme de la résistance, et jusqu'à une grosse pièce du siège, encore sur son affût, Roaring Meg.

Ville sainte de l'orangisme ulstérien, d'autant plus âprement disputée qu'elle est peuplée d'une majorité de catholiques nationalistes, Derry a été brutalement coupée, par la partition de 1920, de son aire d'expansion géographique et économique naturelle, le Donegal, rattaché à la république d'Irlande, et systématiquement rabaissée par les gouvernements unionistes qui se sont succédé au Stormont, que ce soit dans le domaine des communications, de l'aménagement du territoire ou de l'implantation universitaire. Elle est apparue comme le symbole de la discrimination en vigueur dans la province : la manipulation des circonscriptions électorales a permis aux unionistes protesta [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 2 pages


Écrit par :

  • : historien, docteur en droit, docteur honoris causa de la National University of Ireland et de l'Université d'Ulster (Royaume-Uni)

Classification

Pour citer l’article

Pierre JOANNON, « LONDONDERRY », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 28 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/londonderry/