LIÈVRE

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Mammifère au corps élancé caractérisé par de longues oreilles et de grandes et puissantes pattes postérieures conçues pour la course. Répartition géographique : Amérique, Eurasie, Afrique ; introduit en Australie et en Nouvelle-Zélande. Habitat : forêts, toundras, prairies, déserts, marécages, zones cultivées et terrains montagneux. Classe : Mammifères ; ordre : Lagomorphes ; famille : Léporidés.

Les lièvres, qui appartiennent tous au genre Lepus, possèdent généralement un pelage gris-brun plus ou moins teinté de roux. C’est le cas du lièvre d’Europe (Lepus europaeus) encore appelé lièvre commun, lièvre brun ou « capucin ». Quelques espèces, adaptées aux zones froides, changent de couleur selon les saisons. Ainsi, les lièvres variables d’Amérique du Nord (Lepus americanus, appelé couramment lièvre à raquettes) et d’Europe (Lepus timidus) deviennent blancs chaque hiver, la mue automnale étant déclenchée par le changement de température, le raccourcissement de la durée des jours et l’apparition de la neige. Ce nouveau pelage leur permet d’échapper aux prédateurs et de conserver leur température interne. Au printemps, lorsque la neige fond, les animaux reprennent leur pelage gris-brun. Les lièvres qui vivent dans les régions enneigées toute l’année sont toujours blancs. C’est le cas du lièvre arctique (Lepus arcticus), qui vit dans le nord du Canada et au Groenland.

Lièvre arctique

Photographie : Lièvre arctique

Lièvre arctique (Lepus arcticus), vivant dans le nord du Canada et au Groenland. 

Crédits : Wayne R Bilenduke/ The Image Bank/ Getty Images

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La taille des lièvres varie de 35 à 95 centimètres (courte queue comprise), en fonction des espèces, et leur poids de 2 à 5 kilogrammes. Les plus grands spécimens sont les lièvres qui peuplent les déserts (ils ont aussi les oreilles les plus développées, atteignant parfois près de 20 cm) tel le lièvre antilope américain (Lepus alleni) vivant dans le sud de l’Arizona. Les lièvres des régions froides sont généralement les plus petits et leurs oreilles sont plus courtes. L’espérance de vie de ces animaux est de l’ordre de douze ans.

Leur activité est essentiellement nocturne. Bien que n’appartenant pas à l’ordre des rongeurs dont ils diffèrent entre autres par la denture – les lièvres possèdent non pas une paire d’incisives sur la mâchoire supérieure mais deux paires dont la seconde, plus réduite, est située à l’arrière de la première –, ils « rongent » écorces, racines, feuilles, herbe et ajoutent exceptionnellement à ce régime végétarien quelques insectes.

Contrairement au lapin, le lièvre est solitaire et creuse très rarement des terriers : il reste tapi dans un gîte, simple empreinte à même le sol dans les herbes et les buissons, où il se repose durant la journée, immobile et les oreilles rabattues (on dit qu’il est gîté). Lorsque le danger est vraiment proche, la fuite constitue sa meilleure défense : grâce à ses pattes postérieures très développées, il peut atteindre des vitesses de l’ordre de 70 km/h et les tenir pendant près de 15 minutes. Pour échapper à ses prédateurs, il n’hésite pas à traverser les cours d’eau ou à revenir sur ses pas afin de brouiller les pistes. Ses prédateurs, dont certains ont quasi disparu aujourd’hui, sont les loups, les lynx, les renards et les rapaces.

Prolifiques, les lièvres n’ont pas de période de reproduction : c’est la copulation qui déclenche l’ovulation chez la femelle. Chez les espèces vivant dans les régions tempérées ou froides, les mises bas ont lieu du printemps à l’automne. Durant la période de rut, dite bouquinage, les mâles ou bouquins sont très agressifs, échangeant coups de patte et morsures et s’arrachant des touffes de poils. La gestation dure un mois et demi. La femelle, ou hase, peut avoir de deux à quatre portées par an, comptant chacune de deux à six levrauts qu’elle élève dans un gîte.

En l'absence de prédateurs, lorsqu’ils ne sont pas décimés par l’homme, les lièvres peuvent devenir nuisibles pour l’agriculture, comme en Australie et en Nouvelle-Zélande où le lièvre d’Europe a été introduit et est devenu, comme le lapin, un véritable fléau. Certaines espèces, tel le lièvre variable vivant notamment dans les Alpes, sont cependant considérées comme menacées du fait de leur faible effectif.

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RONGEURS ET LAGOMORPHES

  • Écrit par 
  • Robert MANARANCHE, 
  • Pierre-Antoine SAINT-ANDRÉ
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  •  • 13 médias

Dans le chapitre « Les Lagomorphes »  : […] Le pelage des animaux de cet ordre ( lièvres, lapins, pikas...) est constitué d'une fourrure abondante, faisant pour diverses espèces l'objet d'une exploitation pour la pelleterie. L'élevage a permis de sélectionner chez les lapins des races particulièrement intéressantes de ce point de vue. Certaines espèces de lièvres, dit variables, ont une robe blanche en hiver, fauve en été. Des expériences […] Lire la suite

Pour citer l’article

Marie-Claude BOMSEL, « LIÈVRE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 09 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/lievre/