LI QINGZHAO [LI TS'ING-TCHAO] ou LI YI'AN [LI YI-NGAN] (1081-apr. 1151)

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Li Qingzhao, appelée aussi Li Yi'an, est originaire de Jinan au Shandong. En 1101, elle épouse Zhao Mingcheng, étudiant au Collège impérial. Tous deux appartiennent à d'illustres familles de fonctionnaires-lettrés et ont une passion commune : la collection d'objets rares. En 1103, Mingcheng obtient sa première charge dans l'administration. Après la disgrâce politique de son père, ils se retirent à Qingzhou où ils demeurent une dizaine d'années et s'occupent à compléter leur collection. Ils se passionnent tous deux pour l'épigraphie et écriront ensemble le Jinshilu, un catalogue recensant deux mille inscriptions sur bronze et sur pierre. En 1121, Mingcheng reprend un poste officiel et voyage dans la province entière. Cette vie paisible est interrompue par la guerre. En 1126, les Jin envahissent le nord de la Chine. Pour Qingzhao et Mingcheng, c'est la fuite vers le sud et le début d'un long exil. La poétesse ne devait jamais revoir son pays natal. Après la disparition de Mingcheng en 1129, elle erre encore longtemps dans le sud de la Chine. La date exacte de sa mort ne nous est pas connue. Elle peut être fixée approximativement après 1151 et avant 1156.

Li Qingzhao nous a laissé un recueil de ci, poèmes à chanter, les Poèmes du jade pur (Shu yu ci). Les œuvres de ce recueil se divisent en deux groupes. Au premier se rattachent les poèmes écrits au Shandong, après son mariage. Le second groupe rassemble les pièces composées pendant l'exil, après la mort de Mingcheng. Différents sur le plan de l'inspiration, ces poèmes le sont aussi sur le plan de la forme. Les dernières œuvres sont les plus représentatives du style de la poétesse. Dans une langue simple et plus dépouillée, elle exprime avec force la douleur de la séparation et de l'exil. Lorsque Li Qingzhao commence à écrire, Zhou Bangyan est encore au premier plan de la scène poétique. Elle se présente comme une continuatrice de l'école formaliste, attache beaucoup d'importance au travail de recherche esthétique. Excellente musicienne, elle nous a laissé un court essai, Sur le ci (Ci lun), dans lequel elle s'efforce de donner à ce genre, déconsidéré par les lettrés, la place qu'il mérite dans l'histoire littéraire. L'inspiration de ses poèmes la rapproche de Qin Guan et de Li Yu.

—  Chantal CHEN-ANDRO

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CI [TS'EU], genre littéraire chinois

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Dans le chapitre « L'épanouissement »  : […] Conscient d'une évolution du ci vers l'artificialisation, Liu Yong (vers 1045) va s'efforcer de retourner aux origines populaires et musicales du genre. Son effort sera poursuivi par Qin Guan (1049-1101) et He Zhu (1063-1120) et aboutira au formalisme de Zhou Bangyan (1056-1121) et de Li Qingzhao (1084-apr. 1151 […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/ci-ts-eu-genre-litteraire-chinois/#i_41855

Pour citer l’article

Chantal CHEN-ANDRO, « LI QINGZHAO [LI TS'ING-TCHAO] ou LI YI'AN [LI YI-NGAN] (1081-apr. 1151) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 10 novembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/li-qingzhao-li-ts-ing-tchao-ou-li-yi-an-li-yi-ngan-1081-apr-1151/