SITWELL LES

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Les Sitwell composent un groupe familial et littéraire qui illustre les lettres anglaises au cours du xxe siècle. Poète dont le style a été exactement décrit par le mot : « flamboyant », Edith (1887-1964) est la fille d'un baronet, dont elle hérita la fortune et toutes les excentricités (ses frères Osbert et Sacheverell n'ont pas réclamé leur part de ces dernières). Méprisée par sa mère qui ne partage point ses goûts pour le pittoresque théâtral et dédaigne son type de beauté hautaine, elle trouve en sa gouvernante un refuge et un guide poétique, car Helen Rootham était traductrice de Rimbaud.

Edith Sitwell et William Walton

Edith Sitwell et William Walton

photographie

La poétesse Edith Sitwell en conversation avec le chef d' orchestre William Walton et son épouse, lors d'une garden-party donnée dans la résidence du chancelier de l'Échiquier, le 17 juillet 1953. 

Crédits : Hulton Getty

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Avec ses frères, Edith Sitwell forme une manière de communauté littéraire qui aboutit à la publication d'une anthologie annuelle, Wheels (1916-1921), où les poètes « georgiens » sont ridiculisés au profit des jeunes du genre d'Aldous Huxley. Façade (1922) connaît un brillant succès sous la forme d'un récital public où vingt et un de ses trente-trois poèmes sont interprétés avec décors de John Piper et musique de William Walton (on peut citer, entre autres, « Fox Trot », « Hornpipe », « Trio for two Cats and a Trombone »). Admiratrice de Verlaine et aussi de Lewis Carroll et d'Edward Lear, Edith Sitwell s'est livrée à des expériences esthétiques extravagantes où la mélodie classique de Pope voisine avec des effets recherchés de synesthésie et des rythmes de jazz, surtout dans Gold Coast Customs (1929), où rites et musique nègre servent à dénoncer, ô paradoxe ! la frivolité et la corruption de Mayfair, le « XVIe arrondissement » de Londres. Le contraste le plus surprenant de sa carrière est sa conversion au catholicisme, accompagnée d'un épanouissement poétique dû à la découverte des horreurs et des souffrances de la guerre. Ses trois volumes Street Songs (1942), Green Song (1944) et Song of the Cold (1945) doivent leur puissance à l'ampleur et à l'élan d'une inspiration épurée par la foi.

Poète, essayiste et romancier, moins doué, mais aussi moins extravagant que sa sœur Edith, [...]

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Écrit par :

  • : professeur honoraire à la Faculté des lettres et sciences humaines de Paris

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Pour citer l’article

Louis BONNEROT, « SITWELL LES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 septembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/les-sitwell/