Les Folies d'Espagne, MARAIS (Marin)

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Auteur

Marin Marais est l'élève du plus célèbre violiste de son temps, Monsieur de Sainte-Colombe. «Musicien du roi» dès 1676, il occupe le poste recherché d'«ordinaire de la Chambre du Roy pour la viole» de 1679 à sa retraite, en 1725. Lully est son maître et ami ; le style français de ce dernier se retrouve dans ses opéras (il en écrit quatre, dont Alcyone, 1706, célèbre pour ses effets orchestraux, en particulier sa «tempeste») et dans ses suites de pièces de viole. Instrumentiste reconnu pour sa virtuosité, il laisse environ 700 œuvres, pour la plupart consacrées à la viole de gambe.

Genre - Folia

La folia (en espagnol, «folie») est en grande vogue aux XVIIe et XVIIIe siècles. Le nom de ce genre instrumental vient d'une danse portugaise du XVIe siècle qui est introduite en Espagne par les vihuelistes. À l'origine vive, dynamique et animée («folle»), cette danse voit son rythme s'assagir lors de sa diffusion dans le reste de l'Europe (Italie, France, Angleterre...) au XVIIe siècle.

Forme

La folia adopte une forme à peu près fixe au XVIIe siècle : un thème de seize mesures (à 3/2 ou 3/4) est le sujet de variations. Parmi les plus célèbres figurent celles de D'Anglebert, pour clavecin (1689), de Corelli, qui en compose vingt-trois (La Follia, 1700) et l'utilise comme chaconne dans sa Sonate pour violon et continuo op. 5 no 12 (1700), de Jean-Sébastien Bach (dans la Cantate des paysans, BWV 212, 1742), de Liszt (dans sa Rhapsodie espagnole, 1866), de Nielsen (dans son opéra-bouffe Maskarade, 1906), de Rachmaninov (Variations sur un thème de Corelli, 1932)...

Esthétique

Marais écrit dans la Préface à son Deuxième Livre de Pièces de violes (1701) que ses 32 variations sur Les Folies d'Espagne peuvent être jouées à l'orgue, au théorbe, au luth, au clavecin, au violon et à la flûte. On ne faisait alors guère de différence entre l'œuvre originale et sa transcription, et les partitions étaient souvent données dans une instrumentation adaptée aux possibilités du lieu et du moment.

Langage

Les trouvailles harmoniques ainsi que la virtuosité requise par ses pages (qui usent d'accords arpégés) font de Marin Marais un des maîtres de la viole de gambe, qui allait bientôt être supplantée par le violon, pour lequel il écrira aussi, et par le violoncelle.

—  Alain FÉRON

Écrit par :

  • : compositeur, critique, musicologue, producteur de radio

Voir aussi

Pour citer l’article

Alain FÉRON, « Les Folies d'Espagne, MARAIS (Marin) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 octobre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/les-folies-d-espagne-marais-marin/