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LE TOUR DU MONDE EN QUATRE-VINGTS JOURS (J. Verne) Fiche de lecture

<em>Le Tour du monde en quatre-vingts jours</em>, J. Verne

Le Tour du monde en quatre-vingts jours, J. Verne

C’est en feuilleton que paraît, du 6 novembre au 22 décembre 1872, dans le très sérieux journalLe Temps, LeTour du monde en quatre-vingts jours. Par la suite, le roman sera publié en volume chez Hetzel le 30 janvier 1873. Dès avant la conclusion, l’éditeur de Jules Verne (1828-1905) a vendu les droits de traduction pour la Russie, l’Italie et l’Allemagne. Le livre paraît en anglais en 1873 à Londres, Boston et Philadelphie. En 1905, à la mort de Jules Verne, 121 000 exemplaires ont été écoulés en France, auxquels s’ajoutent 300 000 exemplaires de l’édition in-8° illustrée par Alphonse de Neuville et Léon Benett. Il s’agit, et de loin, du plus grand succès du romancier.

Un succès encore accru par le triomphe de la pièce de théâtre que Jules Verne et Adolphe d’Ennery ont tirée du roman, lequel avait d’ailleurs d’abord été, dans l’esprit de l’écrivain, un projet pour le théâtre. Entre le 7 novembre 1874 et le 20 décembre 1875, la pièce est jouée 415 fois au Théâtre de la Porte-Saint-Martin avant d’être reprise au théâtre du Châtelet (entre le 20 novembre 1886 et le 20 mars 1887), puis à intervalles réguliers jusqu’au milieu du xxe siècle.

De nombreux voyageurs vont s’élancer sur les traces de Phileas Fogg : les journalistes américaines Elizabeth Bisland et Nellie Bly, financées respectivement par le Cosmopolitan et le World, partent le 14 novembre 1889 et bouclent leur tour du monde en 76 jours pour la première et en 72 jours pour la seconde ; leur compatriote George Francis Train établit un nouveau record à 67 jours en 1890, puis à 60 jours deux ans plus tard ; le journaliste français Gaston Stiegler l’effectue pour le compte du Matin en 1901 en 63 jours. En 1936 encore, Jean Cocteau s’efforce de refaire le voyage de Phileas Fogg pour Paris-Soir. Avant même ses nombreuses adaptations au cinéma et à la télévision, Le Tour du monde en quatre-vingtsjours aura donc été un formidable phénomène médiatique.

Un roman géographique

Rappelons l’intrigue : un flegmatique gentleman anglais, Phileas Fogg, parie sa fortune qu’il est désormais possible de faire le tour du monde en quatre-vingts jours. Flanqué de son nouveau domestique, le Français Jean Passepartout, poursuivi par un inspecteur de police, le détective Fix (persuadé que l’excentrique gentleman est l’auteur du vol récent commis à la Banque d’Angleterre), Fogg quitte Londres en direction de l’est. Empruntant le canal de Suez, inauguré en 1869, il est contraint de voyager en Inde à dos d’éléphant, le chemin de fer ne fonctionnant pas encore bien entre Bombay et Calcutta. À cette occasion, il sauve d’un sati, bûcher sacrificiel, une jeune veuve indienne, mais européenne d’allure, Mrs Aouda. Après avoir embarqué sur un navire à Hong Kong, il prend à San Francisco le chemin de fer transcontinental, inauguré lui aussi en 1869. Mais une attaque de Sioux l’empêche d’être à l’heure à New York pour prendre le paquebot en direction de Liverpool. Arrivant finalement à Londres cinq minutes trop tard, Phileas Fogg croit avoir perdu son pari, mais il a trouvé l’amour. Mrs Aouda et lui décident de se marier, en dépit de la perte de la fortune du Britannique. In extremis, Passepartout réalise qu’en faisant le tour du monde d’est en ouest, ils ont en réalité gagné un jour entier : Fogg triomphe.

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Écrit par

  • : professeur d'histoire contemporaine à l'université Grenoble Alpes

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Média

<em>Le Tour du monde en quatre-vingts jours</em>, J. Verne

Le Tour du monde en quatre-vingts jours, J. Verne

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