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LE DOCTEUR FAUST, Christopher Marlowe Fiche de lecture

Christopher Marlowe

Christopher Marlowe

L'auteur de The Tragical History of Doctor Faustus (créée entre 1588 et 1592, première publication en 1604) est un personnage presque aussi mythique que son héros : poète et dramaturge talentueux, espion, grand amateur de vin et de garçons, intellectuel proche des milieux de libres-penseurs, Christopher Marlowe (1564-1593) fut assassiné lors d'une mystérieuse rixe dans une taverne. Cet enfant terrible de la période élisabéthaine affiche une prédilection pour les héros ambitieux qui n'hésitent pas à défier l'ordre divin pour affirmer leur volonté de pouvoir ou de savoir : Tamerlan (Tamburlaine the Great, 1590), destructeur d'empires que son ambition démesurée mène à sa perte, mais surtout Faust qui vend son âme au diable pour transcender la finitude et pénétrer les secrets de l'univers.

Un pacte avec le diable

Marlowe hérite son personnage du Faustbook (1587), biographie allemande romancée d'un personnage réel, qui se présente comme une mise en garde destinée aux penseurs fascinés par les sciences occultes. Marlowe en fait un personnage tragique, qui découvre le dérisoire de la connaissance devant l'insurmontable finitude de l'homme.

La pièce, publiée pour la première fois en 1604, puis dans une version différente, plus longue, en 1616, retrace sous forme de tableaux quelques événements qui séparent le moment où Faust décide d'abjurer la science et de choisir la magie et celui, vingt-quatre ans plus tard, où Lucifer vient réclamer son âme. Guidé par Méphistophélès, Faust explore les secrets de la terre et du cosmos ; il s'attarde à Rome où, invisible, il contrecarre la politique papale et, au passage, joue quelques tours au pape lui-même. Puis, l'acte IV (dans l'édition de 1616, puisque celle de 1604 est seulement divisée en une série de scènes) nous le montre devenu l'hôte des grands de ce monde, à qui il offre de splendides divertissements. À l'acte V, l'action se resserre sur le débat intérieur de Faust : guidé par un vieil homme, figure du Bien, il est à deux doigts du repentir. Mais Méphistophélès veille : il le rappelle à son pacte et lui octroie la consolation d'une nuit d'amour avec Hélène de Troie, figure emblématique de la beauté humaine. Après un dernier monologue, déchirant, dans lequel Faust se montre prêt à renoncer à la dignité humaine pour éviter la mort, il est attiré dans la gueule d'Enfer : « Ô mon Dieu !/ Même si tu n'as pas pitié de mon âme,/ Pour l'amour du Christ dont le sang est mon rachat,/ Ordonne une fin à l'incessante souffrance !/ Que Faust en enfer reste mille ans, cent mille,/ Mais qu'à la fin des fins il soit sauvé ! »

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Écrit par

  • : agrégée d'anglais, ancienne élève de l'École normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud, maître de conférences à l'université de Paris-VIII-Saint-Denis

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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