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KÉRYGME

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Dans la langue technique des exégètes et des théologiens actuels, le mot « kérygme », décalqué du grec kêrygma, « prédication », « proclamation » (celle de Jonas en Matth., xii, 41), désigne cette activité des disciples de Jésus qui consistait dans l'annonce de la présence vivante du Christ ressuscité, autrement dit dans la proclamation de l'Évangile (le mot classique équivalent serait « évangélisation »).

Dans la littérature classique (chez Euripide, par exemple) comme dans le Nouveau Testament, kêrygma désigne soit l'acte, soit le contenu dénoté par le verbe kêryssein (« proclamer », de kêryx, « héraut »), que les Évangiles, les Actes des Apôtres et les Épîtres emploient très largement (on retrouve la même ambiguïté avec le mot allemand correspondant, Verkündigung). Mais il est souvent difficile de distinguer dans une phrase l'une des deux acceptions de l'autre.

Dans le Nouveau Testament, ce que l'on annonce est soit le Règne de Dieu (Matth., iv, 13) ou la metanoïa (« repentir », « pénitence ») qui en résulte (Matth., iv, 17), soit « le Christ » lui-même (Actes, viii, 5 ; Romains, xvi, 25) ou le « Christ crucifié » (I Cor., i, 23).

À la suite des tenants de la Formgeschichte, on appelle « kérygme primitif » l'unité technique significative dans laquelle, à l'usage de telle ou telle communauté de l'Église primitive, était résumé le message à proclamer. Une telle unité, dont les discours des Actes des Apôtres sont d'excellents représentants (de Pierre : ii, 14-36, 38-39, etc. ; de Paul : xiii, 17-41), était construite d'une façon quasi uniforme et comprenait l'annonce successive des faits suivants : l'accomplissement messianique des prophéties dans la vie, la mort et la résurrection de Jésus de Nazareth ; l'exaltation du Christ devenu par sa résurrection Seigneur et chef du nouvel Israël ; l'action de l'Esprit saint dans l'Église comme signe de la présence efficace du Christ glorieux ; l'achèvement de l'âge messianique lors du retour du Christ ; l'appel au repentir et l'invitation au baptême. L'Évangile de Marc, le plus ancien de tous, est considéré comme étant l'amplification de la partie proprement historique de ce kérygme primitif.

Actuellement, dans un mouvement d'extension qu'explique le retour généralisé aux sources et du fait de l'intervention de l'herméneutique dans l'ensemble des disciplines dites sacrées, on oppose une « théologie kérygmatique », qui met essentiellement l'accent sur l'acte d'annoncer et sur la façon de dire le message chrétien parmi/pour les hommes qui vivent aujourd'hui, à la théologie classique, trop spéculative, qu'a léguée la scolastique.

— André PAUL

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André PAUL. KÉRYGME [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Article mis en ligne le et modifié le 14/03/2009