NEGRÍN JUAN (1887-1956)

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Juan Negrin

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Fin de la guerre civile espagnole, 1939

Fin de la guerre civile espagnole, 1939
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Appartenant à une riche famille bourgeoise des Canaries, Juan López Negrín fit des études de médecine en Espagne et en Allemagne, puis devint professeur de physiologie à l'université de Madrid. En 1931, il fut élu député aux Cortes sous l'étiquette socialiste. Nommé ministre des Finances dans le cabinet formé par le socialiste Largo Caballero le 5 septembre 1936, il envoya en U.R.S.S. la moitié des réserves d'or de la Banque d'Espagne (500 millions de dollars), en paiement des fournitures d'armement. Le 17 mai 1937, il succéda à Largo Caballero à la tête du gouvernement. Bien que sa morgue intellectuelle, ses goûts de luxe, sa qualité de grand bourgeois fortuné lui eussent valu l'inimitié de certains chefs communistes, l'U.R.S.S. jugeait que ce socialiste modéré serait rassurant pour la France et la Grande-Bretagne. Sa position politique était difficile : d'une part, l'attitude de non-intervention de Londres et de Paris l'obligeait à pactiser avec Moscou pour obtenir des armes, donc à ménager le Parti communiste espagnol ; d'autre part, il se refusait à être le prisonnier de ce parti, dont il cherchait à limiter l'influence, en s'opposant, notamment, à sa fusion avec le Parti socialiste. Comprenant que la guerre était perdue pour la République, il chercha à négocier la paix avec le général Franco (Déclaration en treize points du 1er mai 1938). Ses tentatives ayant échoué, il mit son espoir dans l'imminence d'une guerre européenne opposant les démocraties libérales à l'Axe ; pour prolonger la lutte jusque-là, il se rapprocha du Parti communiste, le seul qui fût organisé, influent et résolu. Mais l'avance rapide de l'armée nationaliste l'obligea à quitter Barcelone (où il avait transféré le siège du gouvernement auparavant à Valence) pour gagner Toulouse (févr. 1939). Rentré à Alicante, il se heurta, en mars 1939, à une conjuration de militaires, d'anarchistes et de modérés, dirigée à Madrid par le colonel Casado. Il se réfugia alors à Paris, puis à Londres, où il vécut pendant la Seconde Guerre mondiale, et enfin au Mexique, où, le 17 août 1945, il démissionna de ses fonctions de Premier ministre du gouvernement républicain en exil. Il mourut au Mexique, après avoir remis au général Franco les documents relatifs à l'or de la Banque d'Espagne déposé à Moscou en 1937.

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Juan Negrin (1887-1956), dernier président du gouvernement républicain espagnol, quitte son pays pour l'exil en 1939. 

Crédits : Hulton Getty

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Fin de la guerre civile espagnole, 1939

Fin de la guerre civile espagnole, 1939

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Entre décembre 1938 et février 1939, la Catalogne tombe aux mains des franquistes et sa capitale, Barcelone, est conquise par les troupes de Franco en janvier 1939. Durant les derniers mois de la guerre, des colonnes de réfugiés républicains, civils et soldats mêlés, traversent la frontière... 

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—  André DESSENS

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ESPAGNE (Le territoire et les hommes) - De l'unité politique à la guerre civile

  • Écrit par 
  • Henri LAPEYRE
  •  • 14 270 mots
  •  • 18 médias

Dans le chapitre « Républicains et nationalistes »  : […] Que fut, pendant la durée de la guerre, la vie dans les deux zones ? Du côté républicain, le gouvernement Giral ne put empêcher une véritable révolution. Sauf au Pays basque, le culte catholique ne fut pas célébré et des milliers d'ecclésiastiques périrent. Le processus de collectivisation, prôné par les anarchistes et freiné par les communistes qui subordonnaient tout à la conduite de la guerre […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/espagne-le-territoire-et-les-hommes-de-l-unite-politique-a-la-guerre-civile/#i_35690

Pour citer l’article

André DESSENS, « NEGRÍN JUAN - (1887-1956) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 décembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/juan-negrin/