MONTALVO JUAN (1832-1889)

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Écrivain équatorien, l'un des maîtres de la prose espagnole au xixe siècle. Juan Montalvo embrassa la carrière diplomatique et fit son premier voyage en Europe en 1857 (Italie, Paris où il rencontra Lamartine, pauvre et oublié, à qui il offrit l'hospitalité de son pays). Il rentra dans sa patrie en 1860, mais l'arrivée au pouvoir du président García Moreno l'année suivante le retint cloîtré volontairement dans sa province jusqu'à la chute du dictateur en 1865 ; il milita dans le parti libéral jusqu'à la reprise en main du pouvoir par García Moreno (1869). Montalvo repart alors pour Paris, d'où le chasse la guerre franco-allemande. Il séjourne au Panamá, au Pérou et en Colombie jusqu'à la mort de García Moreno (1875). Le retour de Montalvo à la lutte politique l'opposa au général Veintemilla, qu'il combattit à nouveau du Panamá, par ses Catilinarias (1879-1882 ; rééditées à Paris en 1925, avec un prologue d'un autre grand exilé politique, Miguel de Unamuno). À Paris, où il séjourna de 1881 à sa mort, il publia Les Sept Traités (Los Siete Tratados, imprimés à Besançon en 1883) ; un huitième traité, La Geometría moral, devait paraître après sa mort. Ces traités représentent la partie la plus importante de son œuvre. Il faut en rapprocher ses Chapitres que Cervantes oublia. Essai d'imitation d'un livre inimitable (Capítulos que se le olvidaron a Cervantes. Ensayo de imitación de un libro inimitable), composés pendant son exil volontaire à Ipiales, petit village situé dans le sud de la Colombie, pendant les années de 1870 à 1876. Cet ouvrage lui valut l'amitié des meilleurs écrivains espagnols de son temps, Valera, Núñez de Arce, Castelar, qui voulurent le faire membre de l'Académie espagnole (projet qui échoua). La prose de Montalvo, lyrique et combative, a les mêmes qualités que l'homme possédait à un degré supérieur : il ne voulut pas d'anesthésie pendant l'opération qui détermina sa mort et il voulut attendre sa fin habillé de son frac, assis, car « il faut, dit-il, recevoir décemment la mort ».

—  Daniel DEVOTO

Écrit par :

  • : docteur ès lettres, universités de Buenos Aires et de Paris-Sorbonne, directeur de recherche au C.N.R.S.

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Dans le chapitre « Une littérature d'action »  : […] Les grands combats menés à partir de 1810 pour soustraire les Indes occidentales à la tutelle de l'Espagne ont d'abord éclipsé, pendant un quart de siècle, toute littérature qui ne fût pas militante. Pendant cette période, les lettres célèbrent ou orientent l'action quand elles ne se confondent pas avec elle. L'éloquence du libérateur Simón Bolívar (1783-1830), dans ses discours et dans ses écrits […] Lire la suite

Pour citer l’article

Daniel DEVOTO, « MONTALVO JUAN - (1832-1889) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 07 août 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/juan-montalvo/