JUAN DE FLANDES (1460 env.-apr. 1510)

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Originaire des Flandres, comme l'indique son surnom espagnol, et fixé en Espagne où il apparaît en 1496 au service de la reine Isabelle la Catholique, Juan de Flandes est le représentant le plus remarquable d'une tendance, dite hispano-flamande, de la peinture espagnole de la fin du xve siècle : des artistes venus des Pays-Bas ou y ayant fait leur apprentissage et influencés ensuite par l'esthétique de la Péninsule créent un style original fait de l'addition des deux cultures, illustré par les œuvres les plus achevées de la production ibérique autour de 1500. Si l'art espagnol s'ouvre ainsi à l'influence des Pays-Bas, il le doit en particulier au goût passionné des Rois Catholiques pour la peinture flamande : ils réunissent de nombreux chefs-d'œuvre des maîtres flamands dans leur collection personnelle et s'emploient à attirer à la cour les artistes nordiques.

Portrait de Jeanne la Folle, J. de Flandes

Portrait de Jeanne la Folle, J. de Flandes

photographie

Juan de Flandes, Portrait de Jeanne la Folle. Huile sur bois. 29,5 cm X 19,3 cm. Kunsthistorisches Museum, Vienne. 

Crédits : Istituto Geografico De Agostini

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On ignore tout de la vie de Juan de Flandes, et son nom reste inconnu. On sait simplement qu'il travaille à la cour des Rois Catholiques de 1496 à 1504 (date de la mort d'Isabelle), qu'il passe contrat en 1505 pour le retable de la chapelle de l'Université de Salamanque, et en 1509 pour le retable majeur de la cathédrale de Palencia. Ce dernier retable, conservé en place, sert de base à la reconstitution de son œuvre et permet de rendre à l'artiste, par comparaison de style, l'ancien retable majeur de San Lazaro de Palencia, œuvre de la fin de sa carrière (National Gallery, Washington, et musée du Prado, Madrid), et les vingt-cinq petits panneaux dispersés dans les musées du monde entier, qui sont les restes des quarante-sept tableaux de l'oratoire d'Isabelle la Catholique, laissé inachevé à la mort de la reine. Plusieurs portraits sont attribués à Juan de Flandes, en particulier celui de Philippe le Beau conservé au Kunsthistorisches Museum de Vienne.

Manifestement formé, comme le montre l'oratoire d'Isabelle, sa première œuvre connue, au contact de la miniature ganto-brugeoise dont il garde les tons clairs, la facture très fine, le goût du paysage et le sens de l'espace aéré, Juan de Flandes tend en avançant dans sa carrière à simplifier les volumes, à accentuer les contrastes de lumière et à augmenter le format des personnages qui, au lieu de se fondre dans l'espace ambiant, s'imposent au premier plan. Il joint à la sensibilité naturaliste flamande et à la sobre grandeur méditerranéenne un sens tout personnel de l'élégance et d'une beauté équilibrée déjà classique.

—  Nicole REYNAUD

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Pour citer l’article

Nicole REYNAUD, « JUAN DE FLANDES (1460 env.-apr. 1510) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 07 octobre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/juan-de-flandes/