BERMUDO JUAN (1510 env.-?)

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Compositeur, théoricien et l'un des trois organistes les plus réputés du Siècle d'or espagnol, avec Antonio de Cabezón et Tomás de Santa María. Il étudie à l'université d'Alcalá de Henares ; en 1549, il est au service du duc d'Arcos, où il côtoie Luis de Morales. Franciscain, il fut aussi attaché à l'archevêque de Séville. Son œuvre principale est la Declaración de instrumentos musicales (Osuna, 1555), qui avait connu une première version (Libro primero de la declaración de instrumentos musicales, 1549) puis l'Arte tripharia (1550), autre version, abrégée, de son œuvre, sorte de traité de plain-chant à l'usage d'un couvent de moniales, les clarisses de Montilla ; cette œuvre théorique capitale, contemporaine du Tratado de glosas de Diego Ortiz (1553) et qui précède de dix ans l'autre traité majeur de la musique de ce temps, l'Arte de tañer fantasía du dominicain Santa María, comprend cinq livres : le premier fait la louange de la musique ; le deuxième et le troisième présentent les éléments de la musique ; le quatrième étudie les instruments à clavier et à cordes (orgue, vihuela, guitare, harpe) ; le cinquième aborde les questions de composition. De Bermudo, on connaît surtout treize pages pour orgue, écrites dans un style polyphonique strict, à quatre voix (sauf le Vexilla regis, à cinq voix). D'aucuns ont jugé sévère son écriture (A. Pirro, H. Anglés) ; cependant, elle offre parfois un contour mélodique plein de sensibilité ; en outre, un ambitus propre à chaque voix est très clairement conçu pour l'instrument à clavier en raison de son ampleur ; enfin, on rencontre des positions d'accords soit larges, soit serrées à des fins expressives. Contrairement à ses contemporains (Ortiz, Santa María), Bermudo refuse les gloses systématiques (diminutions, paraphrases) ; il se contente d'ornements (il demande à l'élève de les travailler au moins une heure par jour), afin de mieux préserver la pureté de la ligne mélodique. Ces courtes pages comprennent cinq hymnes (Conditor alme siderum, Ave maris stella, Pange lingua, Vexilla regis, Veni Creator), sept cantus dans différents tons et une sorte de tiento sur un thème libre.

—  Pierre-Paul LACAS

Écrit par :

  • : psychanalyste, membre de la Société de psychanalyse freudienne, musicologue, président de l'Association française de défense de l'orgue ancien

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ESPAGNE (Arts et culture) - La musique

  • Écrit par 
  • Luis CAMPODÓNICO, 
  • Pierre-Paul LACAS
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Dans le chapitre « Des « cantigas » au Siècle d'or »  : […] Tout comme le romancero sera, dès le xiv e  siècle, le point de départ d'une poésie née dans le peuple et aboutissant au verbe lumineux des poètes du Siècle d'or (Garcilaso de la Vega, saint Jean de la Croix, Luis de Góngora y Argote, Lope de Vega, Francisco Gómez de Quevedo y Villegas), contemporains du Greco (1541-1614) et de Zurbarán (1598-1664), les cantigas auront été l'antécédent lointain […] Lire la suite

Pour citer l’article

Pierre-Paul LACAS, « BERMUDO JUAN (1510 env.-?) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 octobre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/juan-bermudo/