FOIX JOSEP VICENÇ (1894-1987)

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« Si le poète avait assez de courage... il ne signerait pas ses œuvres. À l'aube il afficherait ses poèmes sur les murs ou il les jetterait du haut des toits... Le poète sait que chaque poème est un cri de liberté. » Ainsi s'exprime Josep Vicenç Foix dans le prologue de ses Obres completes (Barcelone, 1974 et 1979). Né à Sarrià, aujourd'hui banlieue de Barcelone, il est l'un des grands noms de la poésie catalane. Dès l'âge de dix-sept ans et jusqu'en 1920 il tient un journal intime dont il tirera un abondant matériel pour son œuvre. Se réclamant résolument de l'avant-garde, il dirige ou collabore à de nombreuses revues entre 1917 et 1936, faisant connaître les nouveaux courants, en particulier le surréalisme dont l'influence sur lui est déterminante. Après la guerre civile et la période de silence imposée par la dictature aux écrivains de langue catalane, il collabore à ces petites revues plus ou moins clandestines qui voient le jour à partir de 1946, puis à Serra d'or, publiée à partir de 1959 par les moines de l'abbaye de Montserrat.

L'itinéraire poétique de Foix part du symbolisme pour aboutir à ce qu'il nomme « le surréalisme générique ». De son œuvre composée de poèmes classiques, de vers libres ou de poèmes en prose, il faut retenir des titres principaux : Sol, i de dol (Soleil, et en deuil, 1936, publié en 1947), Les Irreals Omegues (Les Omégas irréels, 1948), On he deixat les claus (Où ai-je laissé les clés ?, 1953), Onze Nadals i un Cap d'Any (Onze Noëls et une nouvelle année, 1960), Darre Comunicat (Dernier Communiqué, 1970) pour les vers, Gertrudis (1927), premier fragment de journal intime qui se poursuit avec KRTU (1932) et Del Diari 1918 (1958), également L'Estrella d'En Perris (L'Étoile de Perris, 1964) pour la prose. La quête fondamentale de Foix est la face cachée de la réalité. Sa poésie est onirique, car c'est dans le songe que nous pouvons le mieux saisir cette « supraréalité » qui nous échappe.

Es quan dormo que hi veig clar (Quand je dors j'y vois clair), Obrim portals a les muralles d'ombra i finestrals a l'espès de la boira (Ouvrons des portails aux murailles de l'ombre et des fenêtres dans l'épaisseur du brouillard) proclament quelques-uns de ses titres significatifs, qui illustrent la recherche du poète, servie par une langue magnifique, d'une richesse et d'une fluidité exceptionnelles. S'il emploie parfois « de vieilles rimes et des rythmes séculaires », s'il est accusé d'user d'archaïsmes, c'est, dit-il, « par servitude envers la langue et la communauté ». Car, comme tous les poètes de sa génération, il a voulu sauver cette langue en danger de mort qu'était le catalan au lendemain de la guerre civile, et comme il l'écrit : « Tout langage fertilise le parler commun ; toute terre palpite dans la patrie de tous ; toute foi sera sève pour une plus haute foi. »

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Dans le chapitre « Les années 1940 : la résistance culturelle »  : […] De la fin de la guerre à 1950, c'est, après le grand traumatisme, le début d'un long combat pour sauver la langue et la culture catalanes. En 1942, la fondation Bernat Metge, qui éditait, par souscription et à l'usage presque exclusif des universitaires, des traductions de classiques gréco-latins, obtient non sans mal l'autorisation de publier le tome IX des Vies parallèles de Plutarque, premier […] Lire la suite

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Mathilde BENSOUSSAN, « FOIX JOSEP VICENÇ - (1894-1987) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/josep-vicenc-foix/