WINTER JOHNNY (1944-2014)

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Le chanteur et musicien américain Johnny Winter fut un virtuose de la guitare blues-rock. Ce Texan albinos, au corps longiligne couvert de tatouages, faisait sensation sur scène grâce à son jeu flamboyant sur sa guitare Gibson Firebird et à sa voix éraillée.

Johnny Winter

Photographie : Johnny Winter

Avec sa fidèle Gibson Firebird, le guitariste de blues-rock Johnny Winter donne un concert le 19 novembre 2011 à Winterbach (Allemagne). 

Crédits : S. Kuelcue/ Shutterstock

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Johnny Winter est né le 23 février 1944 à Beaumont (Texas). Ses parents, musiciens et mélomanes, le sensibilisent très tôt à la musique, notamment au blues – T-Bone Walker, Albert Collins ou encore Lightnin' Hopkins – et au country and western, style phare de la région. Avec son frère cadet Edgar, Johnny Winter apprend à jouer de la musique, d’abord de la clarinette, puis du ukulélé et de la guitare. En 1958, il enregistre dans un petit studio de sa ville natale son premier 45-tours, « School Day Blues », sous le nom de Johnny & The Jammers. Si ce premier enregistrement, comme ceux qui suivront, propose une esthétique plutôt rock, le jeune musicien se passionne également pour le blues rural de Robert Johnson, Muddy Waters ou Blind Lemon Jefferson. Johnny Winter perfectionne sa technique vocale et guitaristique, notamment celle du slide qui consiste à étirer la note, généralement au moyen d’un cylindre de métal glissé sur un doigt. Dès cette époque son interprétation du blues montre une grande maturité. En 1963, il part pour Chicago où il joue avec le guitariste Mike Bloomfield, puis tourne un peu partout dans le sud des États-Unis. Il participe à de nombreux enregistrements dans des styles divers – blues acoustique ou électrique, musique cajun, country and western – et publie également ses propres disques, ou dominent les compositions de blues.

Avec le bassiste Tommy Shannon et le batteur « Uncle » John Turner, Johnny Winter enregistre en 1968 l’album The Progressive Blues Experiment qui reçoit un très bon accueil critique et marque pour le jeune guitariste le début d’un succès fulgurant. Steve Paul, propriétaire du club new-yorkais The Scene, l’embauche et devient son manager tandis que le label Columbia Records lui propose un contrat aux conditions financières très intéressantes. L’année suivante, le musicien publie l’album très blues Johnny Winter, dans lequel son frère tient le piano et le saxophone. Il collabore avec Stephen Stills et Jimi Hendrix et se produit au festival de Woodstock en 1969. L’album Second Winter, paru en 1970, révèle une tendance plus rock et plus populaire. L’excentricité du look ainsi que la virtuosité et la fougue du jeu de Johnny Winter impressionnent et conquièrent le public des salles ou des grands festivals. Épuisé et devenu héroïnomane, le musicien s’effondre après avoir donné un concert mémorable au Filmore East de New York – avec Rick Derringer également à la guitare, Randy Jo Hobbs à la basse et Bobby Caldwell à la batterie – qui sera publié sous le nom de Live Johnny Winter and. Il est alors contraint de se retirer un temps de la scène pour soigner son addiction. Les albums Still Alive and Well (1973) et Saints and Sinners (1974) marquent son retour. À la fin des années 1970, résolument revenu au blues de ses racines, Johhny Winter collabore avec son idole Muddy Waters dont il relance la carrière en produisant et réalisant plusieurs de ses albums, notamment Hard Again (1977). Il continue à enregistrer également ses propres albums Guitar Slinger (1984) et Let Me In (1991) ou encore Roots (2011) et se produit occasionnellement sur scène. Il meurt le 16 juillet 2014 à Zurich.

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« WINTER JOHNNY - (1944-2014) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/johnny-winter/