POMPADOUR JEANNE ANTOINETTE POISSON marquise de (1721-1764)

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Fille de Louise-Madeleine de La Motte, protégée du fermier général Lenormant de Tournehem, et de François Poisson, employé des frères Pâris. Celui-ci, accusé de concussion au moment de la disgrâce des Pâris (1725), dut fuir la France et Jeanne Antoinette, ainsi que son frère Abel, fut élevée par Lenormant. Ambitieuse, Mme Poisson fait donner à sa fille une éducation soignée et lui inspire le goût des arts. À vingt ans, elle est mariée au neveu de Lenormant de Tournehem, Guillaume Lenormant, seigneur d'Étioles, sous-fermier. Le jeune couple vit une partie de l'année au château d'Étioles, près de la forêt de Sénart où Louis XV aime à chasser. À cette époque, Jeanne Antoinette Lenormant est déjà la coqueluche de la société parisienne et reçoit, dans son salon Crébillon, Voltaire et l'abbé de Bernis qu'elle poussera à la cour. Sa beauté, son esprit sont déjà célèbres. Le souverain remarque la gracieuse Mme d'Étioles. D'autres entrevues sont ménagées à Versailles puis à Paris ; elle obtient une résidence à la surintendance de Versailles. Lenormant d'Étioles, qui s'indignait, doit s'éloigner ; séparé de corps et de biens de son épouse par sentence du parlement, il reçoit une place de fermier général, puis de fermier des postes. Maîtresse « déclarée » après Fontenoy, marquise de Pompadour par lettres patentes la même année, elle règne véritablement jusqu'à sa mort : « S. M. Cotillon III », disait Frédéric II. Les premiers mois, la cour et la ville célèbrent son charme, son esprit, ses talents de musicienne, son goût des nouveautés hardies. Elle n'est pas la « grisette » méprisée par la cour et les dévôts, la « maîtresse robine » que raillait Maurepas. Elle recueille la succession des sœurs de Nesle, une des plus grandes familles de France ; elle ne cache pas ses origines. C'est une ambitieuse fille de la finance, une mondaine habile à distraire le roi et qui sait aussi l'accompagner aux armées (1756) ; elle obtient une place de dame du palais de la reine à qui elle a toujours témoigné une grande déférence. Elle fait profiter sa famille de sa situation privilégiée. Dès l' [...]

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Écrit par :

  • : docteur ès lettres, professeur à l'université de Lille

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Pour citer l’article

Louis TRENARD, « POMPADOUR JEANNE ANTOINETTE POISSON marquise de (1721-1764) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 15 février 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/jeanne-antoinette-pompadour/