JEAN DE GAND (1340-1399) duc de Lancastre (1361-1399)

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Quatrième fils d'Édouard III d'Angleterre, Jean de Gand doit son nom au hasard de sa naissance en Flandre. Époux de Blanche de Lancastre, il est fait, en 1362, duc de Lancastre. Moins souvent absent de son pays que son frère, le Prince Noir, il y joue un rôle politique grandissant et cela malgré des prétentions au trône de Castille, affirmées depuis qu'il a épousé en secondes noces la fille de Pierre le Cruel (1370). Il profite d'abord de la sénilité de son père, puis, à partir de 1377, de la minorité de son neveu Richard II pour prendre pratiquement en main toutes les affaires d'Angleterre. Attentif à certaines idées nouvelles, il protégera jusqu'à sa mort le théologien John Wyclif, soupçonné pourtant de menées hérétiques et subversives. Sa cupidité et son autoritarisme, son rejet de toutes les pétitions votées en 1376 par le « bon Parlement » font de lui l'un des principaux responsables du mécontentement populaire et de la révolte des paysans et artisans de 1381. À partir de 1384, devant la montée d'un clan hostile à son influence et tandis qu'il cherche en vain à s'imposer en Castille, il s'efface et perd l'essentiel de son rôle politique. Sa richesse excite la cupidité de Richard II, par ailleurs inquiet de l'importance de la « clientèle » lancastrienne, d'où la confiscation des biens de sa famille dès sa mort en 1399, malgré l'existence d'un fils légitime, Henri Bolingbroke, le futur Henri IV d'Angleterre.

—  Roland MARX

Écrit par :

  • : professeur à l'université de Paris-III-Sorbonne nouvelle

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Roland MARX, « JEAN DE GAND (1340-1399) - duc de Lancastre (1361-1399) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 janvier 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/jean-de-gand/