SALLIS JAMES (1944- )

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James Sallis est un romancier et éditeur américain, né le 21 décembre 1944 à Helena (Arkansas). Cet universitaire est tout à la fois nouvelliste, poète, traducteur, biographe, critique littéraire, d’art et de musique. Il a également travaillé comme scénariste dialoguiste pour le cinéma. Avant de devenir ce touche-à-tout de talent, James Sallis a fréquenté l’université Tulane de La Nouvelle-Orléans. À l’issue de ses études (1961-1963), il a travaillé comme rédacteur pour la revue canadienne Riverside Quaterly (1964-1966), puis à Londres pour le magazine New Worlds (1966-1968). Un temps critique littéraire, d’art et de musique pour le Boston After Dark et pour Fusion (1970-1971), il est devenu chroniqueur pour Texas Jazz (1980-1983). Outre son travail dans l’édition et dans la presse, James Sallis a enseigné au Clarion College en Pennsylvanie, à l’université de Washington et à celle de Tulane où il a dispensé des cours d’écriture créative. Par ailleurs, il a signé trois essais de musicologie sur la guitare et le jazz.

Une telle diversité ainsi que des contributions aussi variées dans les domaines de la culture populaire supposent une originalité certaine et une curiosité d’esprit, qui ne tardent pas à se manifester dans son travail d’écrivain. Caractéristiques que n’a pas manqué de souligner le romancier français Jean-Bernard Pouy : « Je tiens James Sallis pour l’honneur du roman noir d’aujourd’hui. Surtout parce qu’il n’avance pas masqué et s’adresse à des lecteurs dont il espère qu’ils savent lire. Souvent entre les lignes » (Shanghai express no 5, 2006). Dans la même revue, Sallis précise de son côté : « J’essaie d’écrire un genre de roman que je ne peux pas trouver ailleurs. Un roman qui englobe tout ce que j’aime : la poésie, le roman criminel, le roman européen, la fiction américaine et la puissance du genre fantastique. Un peu comme ces gens qui se fabriquent un costume d’Arlequin pour le carnaval. » Au passage, il révèle lire de la science-fiction depuis l’âge de cinq ans et cite, parmi ses romanciers favoris, un trio composé de Theodore Sturgeon, James Joyce et Raymond Chandler.

Son œuvre romanesque débute au milieu des années 1960 avec la publication de plusieurs nouvelles dans la revue New Worlds de l’auteur britannique Michael Moorcock, dont il assurera la succession au poste de rédacteur en chef. Il publie deux anthologies de science-fiction et découvre le roman noir à travers la lecture de l’œuvre de Dashiell Hammett. Paraît alors Le Faucheux (The Long-legged Fly, 1992), premier volume d’une série située à La Nouvelle-Orléans, avec pour protagoniste Robert Lewis Griffin, un détective privé noir qu’on appelle Lew Griffin. Tout ce que cet autodidacte connaît du monde semble influencé par ses lectures. Doté d’une grande sensibilité, épris de justice, il lui faut assumer avec difficulté ses contradictions et une tendance autodestructrice qui le font parfois sombrer dans l’alcoolisme et la solitude. Ses amis sont peu nombreux, mais présents dès que la situation l’exige : sa maîtresse LaVerne, une prostituée qui lui prodigue sa tendresse, le lieutenant Don Walsh et Hosie, un journaliste. Griffin est également en bons termes avec Jimmie Marconi, un caïd dont il a aidé la fille. Les six volumes qui lui sont consacrés seront publiés de 1992 à 2001. Le Faucheux se compose de quatre épisodes qui résument vingt-six années de sa vie, quatre actes de compassion et d’humanité de la part de Griffin, devenu écrivain de sa propre vie. À la fin du livre, il quitte en effet son activité de détective pour vivre de sa plume et des heures de cours qu’il dispense à l’université de La Nouvelle-Orléans. Épisodiquement, il va renouer avec son ancien métier : ainsi dans le deuxième volume, Papillon de nuit (Moth, 1993) il doit retrouver Alouette, la fille de LaVerne qui vient de mourir ; dans Le Frelon noir (Black Hornet, 1996), il recherche le tireur qui a abattu une journaliste dont il venait de faire la connaissance. Dans L’Œil du criquet (Eye of the Cricket, 1997), l’admission dans un hôpital de la ville d’un clochard qui prétend être Lew Griffin oblige celui-ci à replonger au cœur du brouillard alcoolique auquel il avait survécu dans sa jeunesse. La série se conclut avec Bluebotte (1999) et Bête à bon Dieu (Ghost of a Flea, 2001).

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Pour citer l’article

Claude MESPLÈDE, « SALLIS JAMES (1944- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 avril 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/james-sallis/