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BURNHAM JAMES (1905-1987)

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Né à Chicago, Burnham devient, après des études à Princetown, puis en Angleterre (Oxford), professeur de philosophie à l'université de New York. De 1930 à 1933, il dirige avec P. Weelright la revue The Symposium. Affilié au groupe trotskiste américain, qui devient le Socialist Workers Party en 1937, il collabore à diverses publications radicales, pour finalement rompre avec Trotski et avec le marxisme. L'ouvrage qu'il publie en 1941, The Managerial Revolution, et qui sera édité en France en 1947 sous le titre de L'Ère des organisateurs, avec une préface de Léon Blum, expose les raisonnements qui l'ont amené à conclure au caractère erroné du marxisme. Les thèses exprimées, sans être véritablement neuves, produisent une vive sensation, et l'ouvrage contribue, plus que tout autre, à propager les thèmes de la technocratie.

L'époque actuelle, selon Burnham, est une période de transition entre deux types de société. Le régime social qui repose sur l'appropriation privée des moyens de production, les lois du profit, la libre concurrence et le salariat est condamné à brève échéance. Mais ce n'est pas le socialisme qui peut succéder au capitalisme ; c'est la « société directoriale » dont tous les éléments seront en place avant qu'un demi-siècle ne se soit écoulé. La complexité croissante de l'économie moderne impose la formation d'une élite de managers (« directeurs »), c'est-à-dire de ceux qui organisent le travail, qui dirigent du point de vue technique la production, quelle que soit la forme de l'entreprise. Les directeurs se constitueront bientôt en classe, avec des intérêts et des privilèges de classe, et le contrôle exercé sur les instruments de production en fera les maîtres de l'État. Les prémices de cette « révolution directoriale » sont déjà visibles tant à l'Est qu'à l'Ouest. Aux États-Unis, les directeurs sont encore les serviteurs des capitalistes, mais au sens où l'étaient les maires du palais mérovingiens. Dans l'U.R.S.S. de Staline comme dans l'Allemagne de Hitler, la réalité du pouvoir passe aux mains des directeurs. New-dealisme, technocratie, nazisme ou communisme stalinien sont des idéologies directoriales. Enfin, l'auteur prédit la formation de trois super-États, américain, européen, asiatique, où le pouvoir appartiendra à cette élite de techniciens. Ce problème des élites fait l'objet d'un autre ouvrage de Burnham, Les Machiavéliens (Machiavellians, Defenders of Freedom, 1943).

Un anticommunisme véhément caractérise l'ensemble de l'œuvre de Burnham : Pour la domination mondiale (Struggle for the World, 1947), Contenir ou libérer ? (Containment or Liberation ?, 1953), où l'auteur, se réclamant d'un esprit de croisade, critique la politique d'« endiguement » suivie par le département d'État entre 1946 et 1952 ; animé du désir de convaincre ses compatriotes de la gravité de la conjoncture, il préconise une politique de libération des peuples victimes de l'impérialisme soviétique, qui impliquerait la formation de légions de volontaires et le refus de reconnaissance des gouvernements satellites. Ce même état d'esprit inspire deux autres de ses livres : Ce que l'Europe pense de l'Amérique (What Europe Thinks of America, 1953) et Suicide de l'Occident ; essai sur la signification et la destinée du libéralisme (Suicide of the West ; an Essai on the Meaning and Destiny of Liberalism, 1964).

— François BURDEAU

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Classification

Pour citer cet article

François BURDEAU. BURNHAM JAMES (1905-1987) [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Article mis en ligne le et modifié le 14/03/2009

Autres références

  • RIZZI BRUNO (1901-1977)

    • Écrit par
    • 532 mots

    Né le 20 mars 1901 à Poggio Rusco (Mantoue) et mort le 13 janvier 1977 à Bussolengo (Véronne), le commerçant génois Bruno Rizzi adhère au Parti communiste italien après le congrès de fondation de Livourne (1920) et y milite au sein de la tendance ultragauche, dirigée par Amadeo Bordiga....