ROGGE JACQUES (1942-2021)

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Ancien régatier et médecin belge, Jacques Rogge fut le huitième président du Comité international olympique (CIO) de 2001 à 2013.

Né le 2 mai 1942 à Gand, Jacques Rogge étudie la médecine du sport au Royaume-Uni et, une fois diplômé, rentre travailler en Belgique. Installé comme chirurgien orthopédiste à Deinze, près de Gand, il effectue quelque huit cents opérations par an. Il donne également des cours à l'Université libre de Bruxelles ainsi qu'à l'université de Gand. Sportif accompli, il est seize fois champion national de rugby et une fois champion du monde de voile. Jacques Rogge participe notamment à l'épreuve de finn aux jeux Olympiques d'été de 1968, 1972 et 1976. Il arrête par la suite la compétition, et s'investit dans le mouvement olympique. En tant que responsable de l'équipe olympique belge en 1980, il refuse de répondre à l'appel au boycottage des Jeux de Moscou lancé par les États-Unis en signe de protestation contre l'invasion de l'Afghanistan par l'armée soviétique en 1979. Malgré les fortes pressions qu'on exerce sur lui, les athlètes belges se rendent à Moscou.

Élu à la tête des Comités olympiques européens en 1989, Jacques Rogge intègre le CIO en 1991. Siégeant au sein de diverses commissions, notamment celle qui est chargée des questions médicales, il devient membre de la commission exécutive en 1998. Il y joue un rôle déterminant dans la coordination des Jeux d'été de Sydney, en 2000. Le 16 juillet 2001, il est élu pour huit ans (avec la possibilité d'une reconduction pour quatre ans) à la présidence du CIO, obtenant plus de voix que le Sud-Coréen Kim Un-yong, le Canadien Dick Pound et le Hongrois Pál Schmitt. Succédant à l’Espagnol Juan António Samaranch, figure emblématique des triomphes et des excès du mouvement olympique moderne, Jacques Rogge doit faire oublier les scandales qui entachent l'organisation depuis quelques années. Le CIO a en effet vu certains de ses plus hauts dirigeants démissionner ou être exclus, convaincus de corruption à la suite de l'attribution des Jeux d'hiver de 2002 à la ville de Salt Lake City. Jacques Rogge a ainsi pour mission d'assainir l'image du CIO, de gouverner avec pragmatisme l'organisation sportive la plus riche du monde, mais aussi de renforcer la lutte antidopage – il siège au conseil de l'Agence mondiale antidopage dès 1999.

L'un des premiers défis que doit relever Rogge consiste, à l'approche des Jeux de Salt Lake City, à resserrer les consignes de sécurité à la suite des attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis. Doté de pouvoirs exceptionnels qui lui permettent d'annuler les Jeux sans l'accord de la commission exécutive, le président du CIO n'a aucunement l'intention de le faire. Répétant sa confiance entière dans la sécurisation de l'événement, il déclare qu'il ne logera pas dans un hôtel, mais dans le village olympique, en compagnie des sportifs. Il joue par la suite un rôle clé dans la réussite des Jeux d'été d'Athènes en 2004.

Au printemps de 2008, alors que diverses voix critiquent la tenue des Jeux à Pékin en raison de la féroce répression, en mars, des manifestations tibétaines à Lhassa et des atteintes aux droits de l'homme en Chine, Jacques Rogge s'élève contre toute idée de boycottage. Il déclare que le CIO considère comme « sage l'attribution des Jeux à Pékin », et ajoute : « La politique s'invite dans le sport sans y avoir été conviée. » Il réaffirme fermement l'apolitisme du mouvement olympique – une assertion peu réaliste. Le 24 août, durant la cérémonie de clôture de ces Jeux qui ont vu un triomphe chinois sur les plans sportif, diplomatique et politique, Jacques Rogge indique que « ce furent des Jeux vraiment exceptionnels ». En octobre 2008, Rogge annonce qu'il sera, en 2009, candidat à un second mandat à la tête du CIO. Le 9 octobre 2009, seul candidat, il est réélu président du CIO (88 voix pour, 3 abstentions, 1 contre).

Cérémonie de clôture des Jeux de Pékin, 2008

Photographie : Cérémonie de clôture des Jeux de Pékin, 2008

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Crédits : Jeff Gross/ Getty Images Sport/ AFP

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Pour citer l’article

Tom MICHAËL, « ROGGE JACQUES - (1942-2021) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 30 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/jacques-rogge/