MONORY JACQUES (1924-    )

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Devant le monde contemporain, Jacques Monory a décidé d'adopter, en tant que peintre, l'attitude d'un rêveur éveillé. Sa peinture saisit les images de la grande ville, Paris ou New York, et les plonge dans un espace chromatique si particulier que les portes, les fenêtres, les couloirs, les ascenseurs, les barrières, les routes parlent d'abord de son aventure individuelle dans le monde, des femmes qu'il a aimées, des voyages qu'il fait en Arizona ou ailleurs, des peurs qu'il a subies ou de ses nostalgies. Pour faire coïncider le monde extérieur avec sa vision, et avec elle seule, Monory prend lui-même les photos qui serviront à la composition de ses tableaux. Ainsi ces photos sont-elles déjà des œuvres de Monory, avant même qu'il n'en tire lui-même le thème et les figures de ses tableaux. Le fond monochrome bleu dans lequel il les a fait baigner depuis le début des années 1960 jusqu'en 1978 exigeait un dosage particulier d'ombres et de lumières, des contrastes forts. Ce bleu nocturne, ou crépusculaire, investissait toutes choses et les maintenait dans l'espace d'une même pensée, d'un même rêve autobiographique. Monory peignait les chambres où l'on attend, les rues où l'on cherche quelqu'un, ou la fuite d'un homme à travers les rues (série des Meurtres, 1968 ; des Premiers Numéros du catalogue mondial des images incurables, 1974). Ainsi s'est-il constitué un univers romanesque en images, qu'il a prolongé par des livres (Document bleu, 1979 ; Diamondback, éd. Christian Bourgois, 1979 et, en collaboration avec Daniel Pommereulle : Les bords de la mort ne vont pas assez vite, 1984).

Ce roman pictural, qui tient du journal intime et du « discours sur le peu de réalité », se liait au temps vécu, et non pas seulement à l'espace des choses représentées. Mais Monory l'a fait sortir de la perspective autobiographique en 1978 en substituant à la monochromie bleue le choix des trois couleurs fondamentales : le bleu, le jaune et le rouge (violacé), et en élargissant du même coup ses thèmes à l'histoire contemporaine et à l'univers : séries Tec [...]

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FIGURATION NARRATIVE, Paris 1960-1972 (exposition)

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  • Anne TRONCHE
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déterminante. Fallait-il s'en tenir au noyau dur de la figuration narrative, composé d'Hervé Télémaque, Bernard Rancillac, Erró, Jacques Monory, Peter Klasen, Valerio Adami, Jan Voss, ou s'ouvrir à ceux qui par d'autres voies avaient recherché une adéquation entre la volonté de prise sur le monde et les moyens […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/figuration-narrative-paris-1960-1972-exposition/#i_46103

PHOTOGRAPHIE (art) - Un art multiple

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  • Hervé LE GOFF, 
  • Jean-Claude LEMAGNY
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Dans le chapitre « Au-delà des étiquettes »  : […] guère de sens. Parmi les peintres abstraits, un Wols, un Hartung ont mené une œuvre photographique parallèle à leur peinture. Le Français Jacques Monory s'inspire, pour ses tableaux monochromes, de la poésie froide et énigmatique de ses propres photos. Le Britannique David Hockney retrouve dans les siennes la délicatesse de son univers coloré. […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/photographie-art-un-art-multiple/#i_46103

Pour citer l’article

Alain JOUFFROY, « MONORY JACQUES (1924-    ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 novembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/jacques-monory/