KALISZ JACQUES (1926-2002)

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L'architecte Jacques Kalisz est né le 6 septembre 1926 à Minsk, en Pologne. Il émigre en France avec sa famille dans les années 1930 et, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale – au cours de laquelle son père meurt en déportation en Allemagne –, il fait des études d'architecture à l'École des beaux-arts de Paris, où il suit les cours d'André Wogenscky et d'Édouard Albert. Ce dernier, passé maître dans la conception de bâtiments associant le métal et le béton, demeurera toujours pour lui une référence. Kalisz passe une dizaine d'années (1950-1961) dans l'agence de Pierre Genuys, puis il s'associe à Jean Perrottet, au sein de l'Atelier d'urbanisme et d'architecture (A.U.A.). Cette structure collégiale, fondée en 1960 par Jacques Allégret, rassemble des architectes, ingénieurs, urbanistes, paysagistes et décorateurs, désireux de renouveler, en pleine période moderniste, la pratique du projet par l'approche interdisciplinaire. Kalisz et Perrottet développeront leurs points de vue dans une revue également créée par Allégret, Forum, publiée de 1962 à 1966 – dans laquelle Kalisz lance, en 1963, un appel à une véritable créativité dans le domaine du logement.

Kalisz et Perrottet livrent leur première œuvre commune en 1964, un foyer de jeunes travailleurs à Romans, tandis que le premier construit seul plusieurs centaines de logements à Longjumeau (1965-1967). Mais le bâtiment le plus important de cette période est le centre administratif de Pantin, conçu en 1963 et achevé en 1973. En bordure du canal de l'Ourcq, face à la mairie et à proximité des Grands Moulins de Pantin, une impressionnante structure de béton brut, percée de fenêtres savamment dessinées, impose sa présence. À l'intérieur, le hall monumental est occupé par des rampes permettant d'accéder aux différents services (commissariat de police, tribunal d'instance, services des impôts, etc.). Œuvre majeure de l'architecture brutaliste en France, le bâtiment de Pantin témoigne de la volonté des membres de l'A.U.A. de développer les qualités expressives des matériaux. Le vieillissement des façades a cependant nécessité une restauration (achevée en 2001), en même temps que la réorganisation des services administratifs de la ville imposait une affectation à d'autres activités : après restructuration, le Centre national de la danse devrait occuper, en 2003, l'essentiel des locaux.

Loin de faire de l'esthétique du béton brut sa spécialité, Jacques Kalisz a longtemps vanté les mérites du métal qui, « mieux qu'aucun autre, possède les caractéristiques mécaniques permettant une correspondance, terme par terme, des éléments qui composent la structure d'un bâtiment aux concepts scientifiques auxquels font appel les calculs de résistance ». Il développera ainsi des systèmes combinatoires au moyen de structures métalliques, dont les couleurs contrastent avec celles des autres éléments de la construction (cloisons, plafonds, tuyauterie). Le stade nautique d'Aubervilliers (1967-1969), le groupe scolaire Jean-Lolive (1972) et la bibliothèque Elsa-Triolet à Pantin (1973) – tous trois réalisés avec Jean Perrottet –, puis l'école d'architecture de Paris-La Défense à Nanterre (1972) sont les témoins d'une recherche qui n'est pas seulement structurelle mais aussi spatiale.

Kalisz quitte l'A.U.A. en 1973 et poursuit seul son exploration formelle, faite de juxtapositions, d'empilements ou d'interpénétrations des volumes et des espaces : il réalise de nombreuses écoles et des ensembles de logements, à Paris, Aubervilliers, Nanterre, Noisy-le-Grand, Trappes, Saint-Omer, ainsi que le centre administratif d'Élancourt (1978), avec le souci constant de « travailler la forme », mais aussi, dans un contexte de production de masse, avec l'ambition d'« apprivoiser la démesure ».

En 1974, il remporte le concours pour l'aménagement des terrains de la Petite Roquette à Paris, sur lesquels il construira quatre-vingts logements, le long de la rue Merlin. Ce concours marquera aussi l'émergence d'une nouvelle génération d'architectes, active comme lui au sein des villes nouvelles, mais plus soucieuse de composition urbaine. Cependant, le centre de cure qu'il livre en 1987 au cœur de Paris, à l'angle des rues de la Collégiale et du Fer-à-Moulin, témoigne brillamment de sa capacité à conjuguer langage moderne et continuité urbaine.

Membre de l'Académie d'architecture, Jacques Kalisz a reçu plusieurs distinctions pour ses travaux. Après avoir enseigné à l'École des beaux-arts, il avait rejoint, comme la plupart des membres de l'A.U.A., l'unité pédagogique d'architecture numéro 1 (Paris-Villemin).

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ARCHITECTURE : BIBLIOTHÈQUES MUNICIPALES ET UNIVERSITAIRES, XXe SIÈCLE - (repères chronologiques)

  • Écrit par 
  • Simon TEXIER
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1924-1927 Bibliothèque municipale de Stockholm, Gunnar Asplund (1885-1940). Œuvre majeure de l'architecture suédoise, ce bâtiment aux formes simples exprime clairement sa composition depuis l'extérieur. Un haut volume central, englobé dans un bâtiment de plan carré, abrite la salle de la bibliothèque. 1927-1935 Bibliothèque de Viipuri (aujourd'hui Vyborg), Russie, Alvar Aalto (1898-1976). Après un […] Lire la suite

Pour citer l’article

Simon TEXIER, « KALISZ JACQUES - (1926-2002) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 03 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/jacques-kalisz/