DOILLON JACQUES (1944- )

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Tout en revendiquant, une certaine marginalité, Jacques Doillon (né en 1944 à Paris) a toujours été au centre des passions qui ont agité le cinéma français, qu'il s'agisse d'en louer la délicatesse appliquée à la peinture des sentiments, ou d'en fustiger l'intimisme, voire le nombrilisme, et l'étroitesse d'inspiration. Plus en retrait et pourtant plus exposé, pour le meilleur et pour le pire, que beaucoup de cinéastes de l'après-Nouvelle Vague, Doillon, notamment par sa fidélité aux budgets modestes, a défendu une liberté qui lui a permis de bâtir une œuvre très prolifique, en quête perpétuelle de nuance et de vérité.

C'est le regard attentif, curieux et complice que porte Doillon sur la jeunesse qui le distingue dès son premier film, Les Doigts dans la tête (1974), salué par François Truffaut, dont il est alors désigné comme un possible héritier. Un sac de billes (1975) pourrait le conforter à cette place, mais cette adaptation du best-seller de Josef Joffo (récit de la traversée de la France occupée par deux enfants juifs) restera l'unique incursion de Doillon dans un cinéma tempéré, économiquement confortable, ni trop ni trop peu personnel. La tendresse qu'il manifeste envers ses personnages s'accompagne rapidement, et définitivement, de la violence consubstantielle aux âpres leçons de vie dont ils font l'expérience, de La Drôlesse (1978), récit de l'enlèvement d'une pré-adolescente par un jeune homme avec lequel elle formera un étrange couple, à Ponette (1996), portrait souvent déchirant d'une enfant de quatre ans qui refuse d'accepter la mort de sa mère. En faisant porter toute son attention sur les sentiments, leur vitalité comme leur cruauté, Doillon met toujours en crise la cellule du foyer, famille et couple souvent mêlés, comme dans La Femme qui pleure (1978), où le conflit conjugal classique (mari, épouse, maîtresse) se répercute sur l'enfant qui en est le témoin, et dans La Fille prodigue (1980), où une femme quitte son époux pour revenir à son père, redevenir sa fille et devenir sa maîtresse. Poussé à s [...]

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LE PREMIER VENU (J. Doillon)

  • Écrit par 
  • René PRÉDAL
  •  • 960 mots

DepuisRaja, tourné au Maroc durant l'été de 2002, de graves difficultés de production avaient interrompu – après vingt-cinq longs-métrages – l'œuvre de Jacques Doillon, un des auteurs les plus intéressants de la génération 70 (La Drôlesse, 1978 ; La Fille prodigue, 1980 ; La Vie de famille, 1984 ; La […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/le-premier-venu/#i_98486

Pour citer l’article

Frédéric STRAUSS, « DOILLON JACQUES (1944- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 mars 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/jacques-doillon/