VAN ARTEVELDE JACOB (1290 env.-1345)

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Homme politique flamand, Jacob Van Artevelde est surtout connu grâce à Froissart qui le surnomme le « sage homme de Gand ». Membre de la haute bourgeoisie gantoise, il joue un rôle considérable au début de la guerre de Cent Ans. En décembre 1337, une crise économique grave éclate en Flandre à la suite de la politique du comte Louis de Nevers qui reconnaît le roi de France, Philippe de Valois, comme suzerain. En représailles, Édouard III d'Angleterre interdit l'importation des draps étrangers dans son royaume et l'exportation des laines vers la Flandre, ce qui prive l'industrie drapière flamande de matière première et la met en chômage. Tandis que Bruges et Ypres se trouvent ruinées, Gand prend la tête de la Flandre. Van Artevelde se fait confier le pouvoir par les échevins et exerce dans sa cité un pouvoir absolu. Il renoue les relations avec le roi d'Angleterre pour affirmer la neutralité de la Flandre dans le conflit franco-anglais et obtient ainsi la levée de l'embargo sur les laines. Il scelle une alliance économique entre la Flandre et l'Angleterre, dont les intérêts économiques se complètent. Après la fuite de Louis de Nevers en France, Artevelde fait nommer ruwaert (régent) Simon Van Halen, riche banquier lombard, tout dévoué à l'Angleterre. En 1339, le comté de Flandre s'unit à l'Angleterre. Invité à Gand, Édouard III est reconnu roi de France et, quelques mois plus tard, la flotte française est détruite à L'Écluse par les Anglais. Par la signature en 1339 d'un traité avec Jean III de Brabant-Limbourg, auquel adhère en 1341 le comte de Hainaut, Artevelde prépare la future Belgique en alliant la Flandre et le Lothier. Après l'échec du siège de Tournai, Édouard III retourne en Angleterre et Louis de Nevers, revenu dans son comté en 1340, tombe sous l'autorité de Van Artevelde jusqu'à sa fuite définitive en 1342. Van Artevelde a réussi à réaliser l'union flamande en réconciliant les trois villes flamandes rivales (Gand, Bruges et Ypres). Elles forment, en 1343, les trois membres de Flandre. Elles s'imposent aux petits centres urbains, dont elles contrôlent l'économie en limitant leur production. En cas de désobéissance, les représailles sont dures. Malheureusement, des conflits naissent entre les différents métiers, notamment les tisserands et les foulons. Malgré sa fermeté, Van Artevelde ne parvient pas à dominer ses ennemis politiques et, cerné dans sa maison, il se fait massacrer par les tisserands. Simon Van Halen sera assassiné l'année suivante et Louis de Nevers mourra à Crécy.

—  Josiane COEKELBERGHS-CUYPERS

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BOURGEOISIE FRANÇAISE

  • Écrit par 
  • Régine PERNOUD
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Dans le chapitre « Débuts politiques de la bourgeoisie »  : […] La période qui suit ( xiv e - xv e  s.) va, à travers les luttes franco-anglaises qui ensanglantent le pays et y répandent la ruine, aggravée par les ravages de la peste noire de 1348, révéler la puissance de quelques grands bourgeois qui, désormais, manifestent des ambitions politiques à l'échelle non plus seulement de leur cité mais du royaume. Un Jacques d'Artevelde, grand bourgeois et commerç […] Lire la suite

Pour citer l’article

Josiane COEKELBERGHS-CUYPERS, « VAN ARTEVELDE JACOB (1290 env.-1345) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 28 septembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/jacob-van-artevelde/