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INNSBRUCK (JEUX OLYMPIQUES D') [1964] Contexte, organisation, bilan

Affiche des jeux Olympiques d'Innsbruck (1964)

Affiche des jeux Olympiques d'Innsbruck (1964)

Le choix de la ville d'accueil des IXes jeux Olympiques d'hiver est sans surprise : réuni pour sa cinquante-cinquième session à Munich, le C.I.O. élit le 26 mai 1959, dès le premier tour de scrutin, Innsbruck (Autriche), qui recueille quarante-neuf voix, alors que Calgary (Canada) en obtient neuf et Lahti (Finlande) aucune. En effet, quatre ans plus tôt, la cité du Tyrol avait déjà présenté pour les Jeux de 1960 un dossier plus que solide, mais le Comité avait alors privilégié de très peu (trente-deux voix contre trente) Squaw Valley, une bourgade quasi désertique de la Sierra Nevada californienne qu'Alex Cushing voulait transformer en grande station de sports d'hiver.

Le savoir-faire autrichien est reconnu et Innsbruck, cité tyrolienne touristique, est entourée de multiples infrastructures destinées aux sports d'hiver. Les compétitions de patinage artistique se déroulent au cœur d'Innsbruck, dans l'Olympiastadion, une magnifique patinoire de onze mille places dont la construction s'achève en 1963. Seefeld, un petit village situé à 17 kilomètres au nord-ouest d'Innsbruck, est choisi pour accueillir les compétitions de ski de fond et de biathlon. Pour le saut à skis, la colline du Bergisel est retenue ; le grand tremplin en bois, le Bergiselschanze, construit en 1920, laisse la place à un tremplin moderne en béton. Paul Aste, plusieurs fois champion du monde de luge, devenu un expert dans la construction de ce type de piste, édifie à Igls, une petite station de sports d'hiver proche d'Innsbruck, une piste de bobsleigh de 1 506 mètres de longueur pour un dénivelé de 138 mètres et une piste de luge longue de 1 063 mètres pour un dénivelé de 113 mètres. C'est également à Igls qu'est tracée la descente masculine. Les autres épreuves alpines ont lieu dans la station d'Axamer-Lizum.

Les capacités organisationnelles des Autrichiens ne sont certes plus à démontrer, mais il reste un élément dont personne ne peut prévoir les caprices : la météorologie. Depuis le début du mois de janvier 1964 sévit le fœhn, un vent chaud que redoutent tous les amateurs de ski ; jamais depuis cent ans la neige ne s'était faite aussi rare sur le Tyrol. Devant l'urgence de la situation, Friedl Wolfgang, directeur du comité d'organisation, décide de recourir aux grands moyens : il fait appel à l'armée, et deux mille soldats volontaires se mobilisent pour transporter 20 000 mètres cubes de neige extraite du col du Brenner, situé à une cinquantaine de kilomètres d'Innsbruck, qu'ils répandent sur les pistes de ski alpin ainsi que sur les parcours des épreuves de ski de fond à Seefeld. Ce travail de forçat porte ses fruits et tout est prêt pour le jour J. Les Jeux d'Innsbruck passionnent les spectateurs, qui se déplacent en nombre (plus d'un million de personnes assistent aux compétitions). Ils sont retransmis à la télévision : l'Eurovision s'acquitte d'1,5 million de francs de droits de retransmission pour l'Europe ; la chaîne A.B.C. verse l'équivalent de 3 millions de francs pour les États-Unis.

Le programme sportif s'étoffe : il compte trente-quatre épreuves (contre vingt-sept en 1960). Le bobsleigh, absent à Squaw Valley car les organisateurs avaient renoncé à construire une piste pour des raisons financières, fait son retour aux Jeux. Pour la première fois, des compétitions de luge (deux épreuves pour les hommes, une pour les femmes) prennent place aux Jeux d'hiver. Le saut à skis compte désormais deux formats (petit tremplin, grand tremplin) ; une quatrième épreuve (le 5 kilomètres) est inscrite au programme du ski de fond féminin. Par ailleurs, l'eisstockschiessen (variante germanique du curling) est sport de démonstration. Le succès croissant des Jeux d'hiver se mesure par le nombre des participants[...]

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Écrit par

  • : historien du sport, membre de l'Association des écrivains sportifs

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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