HISTOIRE DES SCIENCES, DE L'ANTIQUITÉ À NOS JOURS (dir. P. de la Cotardière)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Rédigé dans un esprit tout autant prospectif que rétrospectif par sept auteurs spécialistes de leur domaine, Histoire des sciences, de l'Antiquité à nos jours (Tallandier, Paris, 2004) vient à son heure, alors que l'enseignement de cette discipline est aujourd'hui, et particulièrement en France, notoirement insuffisant à tous les niveaux. L'ouvrage est divisé en six chapitres traitant des mathématiques, de la physique, de l'astronomie, de la chimie, des sciences de la Terre et des sciences de la vie.

Le chapitre dédié aux mathématiques (Maurice Mashaal) présente l'évolution des concepts et des méthodes depuis l'émergence des nombres entiers et la représentation des nombres. Thalès et Pythagore furent les deux premiers véritables mathématiciens, mais Archimède, à la fois ingénieur et physicien, a été sans doute le plus grand de cette période. Le Moyen Âge fut le temps des mathématiques arabes. Le xviie siècle marque les débuts de la modernité, le xviiie est le siècle de l'analyse, le xixe cultive l'abstraction et la rigueur. Au xxe siècle, les mathématiques explosent. Elles s'attachent, bien sûr, à répondre aux problématiques internes à la discipline, mais aussi aux besoins nouveaux de la société. L'inventivité des mathématiciens est partout sollicitée.

L'histoire de la physique (Michel Crozon), dans ses débuts, est illustrée par les mêmes grandes figures. Puis vient la construction de la physique classique, de 1600 à 1900, date cruciale qui marque la naissance de la physique quantique et corpusculaire. Après Planck et Einstein, c'est une nouvelle physique qui prend corps et introduit un va-et-vient essentiel entre le microscopique et le macroscopique. L'image de la physique moderne est celle d'un mariage de raison entre l'ordre et le chaos : il s'agit de découvrir et d'expliquer une multitude de phénomènes à partir de quelques données essentielles sur la nature ultime de la matière.

L'histoire de l'astronomie (Denis Savoie, Jean-Louis Heudier) est aussi fort instructive. Voici quelque vingt-cinq siècles, les hommes prenaient conscience du fait que la Terre est isolée dans l'espace. Il y a quatre cents ans, les planètes devenaient des mondes comme le nôtre, tournant autour du Soleil. Il y a deux cents ans, le Soleil prenait son statut d'étoile parmi les autres. Le rôle de l'instrumentation est crucial. Les progrès techniques ont conduit à la conquête de l'espace. Le prochain événement dans la connaissance de l'Univers sera-t-il la découverte de la vie sur d'autres planètes ? Quoi qu'il en soit, comprendre l'origine de notre monde est sans doute l'un des plus grands espoirs de l'humanité.

L'émergence de la chimie (Olivier Lafont), en tant que science, fut relativement tardive. Son identité propre ne s'affirme qu'au xviie siècle, avant que les travaux de Lavoisier ne marquent le grand tournant. Au xixe siècle, la théorie atomique commence à s'introduire. La chimie organique rattrape vite son retard et devient un soutien essentiel de la biologie. Naguère science de constat et d'explication, la chimie devient résolument une science inventive et prospective.

L'étude des sciences de la Terre (Yves Gautier) commence à l'Âge de la pierre polie pour nous mener aujourd'hui à la gestion raisonnée de notre planète. Le globe terrestre est une gigantesque machine qui livre petit à petit ses secrets, souvent profondément enfouis. Comment les montagnes se sont-elles formées, quels sont les mécanismes qui donnent à l'atmosphère son comportement apparemment capricieux, quel est l'avenir du climat, comment se concentrent dans la croûte terrestre les substances d'usage essentiel pour nos industries ? Voilà quelques beaux problèmes. La géologie n'a pas été une science calme. Elle a connu ses révolutions. L'introduction de la tectonique des plaques en est une bonne illustration. Les sciences de la Terre donnent un exemple patent d'une fructueuse conjugaison entre leurs diverses branches : géologie, océanographie, climatologie, géochimie et géophysique.

Quant aux sciences de la vie (Roland Platel), elles constituent sans doute le domaine le plus proche de notre sensibilité, pour deux raisons au moins : comprendre les « comment » et les « pourquoi » de la vie est notre aspiration profonde ; vivre en bonne santé en est une autre, tout aussi naturelle. Les premiers « biologistes » furent à la fois médecins, naturalistes et philoso [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 3 pages

Écrit par :

  • : professeur émérite à l'université de Paris-VI-Pierre-et-Marie-Curie, membre de l'Académie des sciences, ancien ministre

Classification

Pour citer l’article

Hubert CURIEN, « HISTOIRE DES SCIENCES, DE L'ANTIQUITÉ À NOS JOURS (dir. P. de la Cotardière) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 08 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/histoire-des-sciences-de-l-antiquite-a-nos-jours/