ZAPF HERMANN (1918-2015)

Le typographe allemand Hermann Zapf a joué un rôle de premier plan dans la révolution qui a vu l’écriture imprimée passer, au cours de la seconde moitié du xxe siècle, des caractères en plomb hérités de Gutenberg au codage numérique propre à l’ère informatique. Son apport de technicien a bénéficié de sa profonde connaissance du dessin de lettre et d’une sensibilité d’artiste restée vive jusque dans son grand âge.

Hermann Zapf, exposition à l’école Estienne, 1963

Hermann Zapf, exposition à l’école Estienne, 1963

photographie

Le titre du premier livre d'Hermann Zapf, Plume et burin, résume parfaitement son projet : embrasser la totalité de l'histoire des lettres, marier en une suite de contrepoints, et avec une virtuosité inouïe, calligraphie et typographie. Ici, l'affiche de l'exposition qui lui fut... 

Crédits : The Art Archive/ Aurimages

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Né à Nuremberg en 1918, Hermann Zapf grandit sous la république de Weimar et rêve de devenir ingénieur lorsque l’instauration du régime nazi met son père au chômage pour cause d’activités syndicales, privant du même coup l’adolescent de toute possibilité d’accès à des études longues. Doué pour le dessin, il commence un apprentissage dans l’atelier de retouche d’une imprimerie de Nuremberg. C’est alors que la visite d’une exposition consacrée à l’œuvre du calligraphe et typographe Rudolf Koch révèle au jeune homme sa vocation : il entreprend de se former, par ses propres moyens et grâce aux livres, au dessin de lettre, et acquiert progressivement une impressionnante maîtrise de la calligraphie. Tout au long de sa carrière, sa capacité à tracer à main levée d’étourdissants alphabets tout en courbes et volutes, aussi bien que de produire à la plume des lignes de minuscules caractères qu’on jurerait imprimés tant ils sont réguliers, fera l’admiration de ses pairs. Ayant quitté Nuremberg pour Francfort au terme de son apprentissage, il entre comme dessinateur à la prestigieuse fonderie de caractères Stempel en 1938.

Sa santé fragile et son talent graphique lui valent de passer les années de guerre dans des conditions relativement privilégiées, notamment à Bordeaux dans un service cartographique de la Wehrmacht. Il y poursuit ses travaux personnels autour de la calligraphie et du dessin de lettre. Dans l’Allemagne de l’après-guerre, il renoue avec l’entreprise Stempel, où il devient, en 1947, directeur artistique de l’atelier d’imprimerie intégré à la fonderie. Il y publie son premier livre, Feder und Stichel [...]


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  • Écrit par 
  • Michel WLASSIKOFF
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Dans le chapitre « Le recours à la tradition »  : […] Hermann Zapf (1918-2015) publie à son tour un « romain ancien », le Palatino (1950), puis, installé à New York, l'Optima (1958), romain sans empattement dont les graphistes font un large emploi depuis lors […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/typographie/#i_56700

Pour citer l’article

Louis LECOMTE, « ZAPF HERMANN - (1918-2015) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 septembre 2017. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/hermann-zapf/