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HOOVER HERBERT CLARK (1874-1964)

Après des études à Stanford (Calif.), Herbert C. Hoover devient ingénieur des mines et travaille dans l'ouest des États-Unis, puis en Australie, en Asie, en Europe, en Amérique du Sud. Il est en Chine lorsque éclate la révolte des Boxers (1900) ; il révèle alors de remarquables talents d'organisateur et met en place un organisme de secours pour les victimes des événements. Lorsque la guerre est déclenchée en Europe, il est, d'abord, chargé de l'organisation du transport des vivres vers la Belgique ; puis, à partir de 1917, il est nommé à la tête de la Food Administration, qui mobilise l'agriculture américaine pour permettre des exportations vers les pays alliés ; enfin, en 1919-1920, il s'occupe du ravitaillement des populations d'Europe centrale et d'Europe orientale. Partisan de la Société des Nations, Hoover n'en est pas moins républicain ; le président Harding le désigne comme secrétaire au Commerce. De 1921 à 1929, Hoover réussit très bien là aussi, en alliant son respect de la libre entreprise avec quelques mesures d'organisation. En 1928, il est le candidat idéal pour un parti qui vante les mérites de la prospérité. À peine est-il installé à la Maison-Blanche que la grande crise de 1929 porte un coup très sévère à l'économie des États-Unis et du monde occidental. Hoover ne sait pas comment réagir ; il ne croit pas à l'intervention du pouvoir fédéral. Il commence par recommander à ses concitoyens la bonne volonté ; il les encourage à attendre le retour de la prospérité qui, dit-il, est « au coin de la rue ». Il prend, toutefois, quelques mesures : aide bancaire aux entreprises en difficulté, prêts aux fermiers, appel à la charité privée et, sur le plan international, moratoire d'un an pour les dettes de guerre et les réparations allemandes. Rien n'y fait. Hoover n'a aucun programme d'ensemble ; sa personnalité n'inspire guère confiance. Il est largement battu aux élections de 1932 par Franklin D. Roosevelt, autrement plus dynamique et chaleureux.

Dès lors, Hoover s'enferme dans une attitude de refus. Il rejette toutes les mesures du New Deal et dirige l'opposition de droite. Il s'oppose même, en 1940-1941, à l'aide à la Grande-Bretagne. Mais son rôle politique est faible. Le président Truman lui confie, entre 1947 et 1949, quelques missions qui touchent à la distribution de l'aide alimentaire en Europe et à la réorganisation de l'administration. De fait, Hoover passe son temps à écrire et lègue de précieux manuscrits à l'université Stanford, où il fonde un Institut pour l'étude de la guerre, de la paix et de la révolution.

Hoover reste également, dans un registre différent, comme le traducteur en anglais du De re metallica d'Agricola, qu'il accompagne de remarquables commentaires techniques.

— André KASPI

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Écrit par

  • : professeur d'histoire de l'Amérique du Nord à l'université de Paris-I-Panthéon-Sorbonne

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

  • ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE (Le territoire et les hommes) - Histoire

    • Écrit par Universalis, Claude FOHLEN, Annick FOUCRIER, Marie-France TOINET
    • 33 218 mots
    • 60 médias
    L'administration républicaine alors au pouvoir, dirigée par le bon technicien qu'est le président Herbert C. Hoover, prend des mesures d'urgence, tout en demeurant persuadée que « la prospérité est au coin de la rue », c'est-à-dire que les affaires reprendront d'elles-mêmes comme dans les crises précédentes....
  • NEW DEAL

    • Écrit par Claude FOHLEN
    • 3 852 mots
    • 2 médias
    Devant l'aggravation générale, le président Herbert Hoover, élu en 1928, avait d'abord eu l'attitude classique du libéral : prêcher à ses concitoyens la confiance, en attendant le retour de la prospérité qui, selon lui, « était au coin de la rue ». Mais le processus déflationniste, déclenché en 1929,...

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