ZIEGLER HENRI (1906-1998)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Le succès de l'aventure Airbus est lié aux talents, à la passion et à la vision d'hommes tels que Henri Ziegler, l'un des fondateurs de cette société.

Henri Ziegler

Photographie : Henri Ziegler

Grande figure de l'industrie aéronautique française, Henri Ziegler (1906-1998) a notamment été responsable du projet Concorde et l'un des fondateurs de la société Airbus. Il est ici « aux commandes » de l'A300, premier avion d'une longue série ayant effectué son vol inaugural le... 

Crédits : Airbus

Afficher

Henri Ziegler est né le 18 novembre 1906 à Limoges. Polytechnicien, ingénieur de l'École nationale supérieure de l'aéronautique, officier de l'armée de l'air, il est breveté pilote militaire d'avions et d'hydravions et pilote d'essais. En 1938, il est nommé directeur adjoint du Centre d'essais des matériels aériens et est envoyé l'année suivante aux États-Unis comme directeur adjoint de la mission chargée par le gouvernement français d'acheter des avions, des moteurs et des équipements qui manquent cruellement aux forces françaises à la veille de la Seconde Guerre mondiale.

Participant à plusieurs mouvements de résistance, il rejoint Londres en 1944 où il est affecté au commandement des Forces aériennes françaises libres et devient chef d'état-major des Forces françaises de l'intérieur auprès du général Kœnig. Après la Libération, il dirige des missions aux États-Unis et en Grande-Bretagne pour nouer des relations avec les industriels de l'aéronautique afin de rééquiper la France. Dès cette époque, il prône la coopération européenne, seule capable financièrement d'entrer en compétition avec les industries aéronautiques américaine et soviétique.

En septembre 1946, il entre à Air France et y devient directeur général en 1948. Il quitte la compagnie en 1954, étant en désaccord avec l'attribution par le gouvernement des liaisons vers l'Afrique à la compagnie concurrente privée UTA (Union des transports aériens). Après un court passage au ministère des Travaux publics et des Transports, il revient en 1956 dans le domaine aéronautique en prenant la direction de la société Breguet. C'est l'occasion pour lui de mettre en pratique ses convictions européennes dans le cadre des appels d'offres pour équiper les forces de l'OTAN. Ainsi naîtront le Breguet Atlantic et le Jaguar, deux types d'avions fabriqués en coopération multinationale. En 1967, il quitte la société Breguet lorsque la majorité du capital est rachetée par Marcel Dassault.

Entre-temps, il a fondé la compagnie aérienne Air Alpes, dont il sera président de 1961 à 1976.

Peu après la tourmente de Mai-68, on propose à Henri Ziegler de prendre la direction de Sud-Aviation que vient de quitter Maurice Papon. Il refuse tout d'abord car cette société est impliquée dans la construction du supersonique franco-britannique Concorde, projet que Ziegler a jusqu'à présent combattu, le considérant comme trop onéreux et sans marché. Il jugeait alors préférable de concentrer les efforts sur un avion gros porteur moyen-courrier subsonique, l'Airbus. Son compagnon d'armes de la Résistance, Jacques Chaban-Delmas, le convainc d'accepter le poste où il est nommé le 31 juillet 1968.

Dès sa prise de fonctions, il estime nécessaire de fusionner Sud-Aviation, Nord-Aviation et la SEREB (Société d'études et de recherches des engins balistiques). Cette fusion, qui prendra effet le 1er janvier 1970, donnera naissance à la SNIAS (Société nationale industrielle aérospatiale) rebaptisée Aérospatiale en 1984. Le programme Concorde rencontre certaines difficultés techniques, en particulier sur les moteurs, et des lenteurs liées notamment à son pilotage par des comités franco-britanniques. Connaissant et s'entendant bien avec ses interlocuteurs britanniques, Ziegler surmonte ces problèmes. Le Concorde effectuera son premier vol à Toulouse le 2 mars 1969. Les difficultés deviendront alors plus politiques. Désormais un ardent défenseur de l'avion supersonique, Ziegler devra notamment s'opposer publiquement au député de Meurthe-et-Moselle, Jean-Jacques Servan-Schreiber, qui s'attache à « démolir » le Concorde.

Mais, lorsqu'il prend les rênes de Sud-Aviation, le programme le plus menacé est celui d'Airbus à cause des rivalités industrielles existant entre les Français et les Britanniques. Celui-ci sera sauvé grâce à la proposition d'une version plus petite de l'avion, baptisé A300B, dont Ziegler est l'un des promoteurs. C'est lui aussi qui sera à l'origine de la structure juridique du GIE (groupement d'intérêt économique) Airbus Industrie chargé de la commercialisation des appareils, qui offre une plus grande souplesse. Il en sera le premier administrateur gérant jusqu'en 1975, date à laquelle il prendra sa retraite. Il décède le 24  [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 2 pages

Écrit par :

Classification

Pour citer l’article

Yves BROCARD, « ZIEGLER HENRI - (1906-1998) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/henri-ziegler/