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GEIGER HANS WILHELM (1882-1945)

Physicien allemand qui a laissé son nom au compteur de particules utilisé couramment pour la détection de la radioactivité.

Après des études à Munich et à Erlangen, Hans Wilhelm Geiger, né le 30 septembre 1882 à Neustadt (Allemagne), soutient sa thèse de doctorat en 1906 sur l'étude des décharges électriques dans les gaz. En 1907, il rejoint l'université de Manchester (Grande-Bretagne), où il collabore avec Ernest Rutherford. En 1908, ils déterminent la nature des rayons α : en mesurant leur charge, qui est deux fois supérieure à celle de l'atome d'hydrogène ionisé, ils concluent que lorsqu'une particule α perd sa charge positive, elle devient un atome d'hélium.

En 1909, Geiger et le jeune physicien néo-zélandais Ernest Marsden étudient la diffusion des rayons α sur une mince feuille d'or et mettent en évidence que certains rayons α sont violemment déviés : Rutherford interprète ce fait par la présence dans les atomes d'or d'un noyau atomique de très petite taille.

Geiger rejoint ensuite en 1912 le Physikalisch Technische Reichsanstalt de Berlin et y accueille en 1913 le Britannique James Chadwick, avec lequel il effectue des recherches sur les spectres d'émission de l'électron dans la désintégration β des noyaux instables. Mais la Première Guerre mondiale éclate et Chadwick est emprisonné, tandis que Geiger rejoint le front. En 1925, Geiger devient professeur à l'université de Kiel. C'est là que, avec son étudiant Walther Müller, il perfectionne le dispositif de comptage de particules qu'il avait mis au point en 1908 lorsqu'il était l'assistant de Rutherford : ce dispositif est connu depuis comme le compteur Geiger-Müller. Le principe en est simple. Une particule ionisante, qui traverse un gaz soumis à un intense champ électrique, crée des ions dont le déplacement crée d'autres ions, et ce processus d'avalanche donne naissance à une impulsion de tension suffisante pour être aisément détectée, en particulier de façon acoustique.

En 1929, Geiger quitte Kiel pour l'université de Tübingen puis devient directeur de l'institut de physique de la Technische Hochschule de Berlin en 1936. Il meurt le 24 septembre 1945 à Potsdam (Allemagne).

— Bernard PIRE

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Écrit par

  • : directeur de recherche émérite au CNRS, centre de physique théorique de l'École polytechnique, Palaiseau

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

  • COMPTON EFFET

    • Écrit par Michel BAUBILLIER, Bernard PIRE
    • 2 554 mots
    • 4 médias
    ... séparant l'émission du photon de celle de l'électron était autrefois très délicate, et on adopta des méthodes indirectes. Ainsi Bothe et Geiger utilisèrent les diffusions successives d'un même photon par deux électrons. La détection de ces électrons s'effectuait à l'aide de deux compteurs...
  • HYDROGÈNE (physique)

    • Écrit par Bernard PIRE
    • 6 157 mots
    • 9 médias
    ...l’impossibilité de rendre compte de la stabilité de l’édifice le fait renoncer à cette interprétation en 1908. En 1909 cependant, la célèbre expérience de Hans Geiger (1882-1945) et Ernest Marsden (1889-1970) sous la direction d’Ernest Rutherford (1871-1937) à Manchester démontre l’existence des noyaux atomiques....
  • PROTON

    • Écrit par Nicole d' HOSE
    • 4 576 mots
    ...atomique, cœur compact, chargé et de très petite dimension à l'intérieur de l'atome. Ce modèle, proposé par Ernest Rutherford, s'inspire des expériences de Hans W. Geiger et Ernest Marsden. Ces expériences, réalisées en 1909, consistent à bombarder une feuille d'or avec un faisceau de particules alpha (les...

Voir aussi