GUERCHIN GIOVANNI FRANCESCO BARBIERI dit (1591-1666)

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Marqué à ses débuts par les Ferrarais Scarsellino et Bonone, Guerchin se forme ensuite près de Ludovic Carrache. Mais il affirme très tôt une inspiration personnelle, une maîtrise dans l'emploi des contrastes lumineux et des gammes chaudes de couleurs, qui donnent une grande force expressive à ses premières œuvres (Et in Arcadia ego, palais Corsini, Rome ; La Résurrection de Tabithe, palais Pitti, Florence). Un séjour à Venise en 1618, en lui permettant d'étudier Véronèse, Titien, Tintoret, développera cette intuition des valeurs tonales. Des œuvres comme le Martyre de saint Pierre (1619, pinacothèque de Modène), L'Apparition de la Vierge à saint Benoît et à saint François (musée du Louvre), le Saint Guillaume d'Aquitaine surtout (1620, pinacothèque de Bologne) et aussi de très beaux dessins, tour à tour griffés, estompés ou modulés dans la lumière, révèlent un métier vigoureux, un réalisme sincère, un caractère imaginatif et impétueux. Dans le Saint Guillaume notamment, les effets de clair-obscur, les accords de tons sourds qui équilibrent les contrastes donnent son unité à une composition complexe, d'une singulière puissance lyrique. En 1621, Guerchin part pour Rome et peint au Casino de la villa Ludovisi la célèbre Aurore toute en mouvement, en raccourcis, en contrastes de tons, où le paysage et les architectures ouvrent un espace dilaté, d'une animation déjà baroque, romantique même, qui fait paraître conventionnelle la composition peinte sur le même thème par Guido Reni en 1613-1614 au Casino Rospigliosi. Son tempérament de peintre prédisposait Guerchin à assimiler le caravagisme : il en subit nettement l'attraction (Sainte Pétronille, 1623, musée du Capitole) avant de s'orienter, sous l'influence de Dominiquin et des théories de Mgr Agucchi, vers un art plus classique. Revenu à Cento, sa ville natale, il décore, en 1626, la coupole de la cathédrale de Plaisance. La dernière partie de sa vie est dominée par Guido Reni, dont les œuvres marquent de plus en plus ses propres réalisations, lui suggérant parfois des subtilités d'une poésie délicate, mais d'une inspiration plus froide, spécialement à partir de 1642 (après la mort de Reni), date à laquelle Guerchin se fixe à Bologne et prend la place de celui-ci comme premier peintre de la cité.

Martyre de saint Pierre, Guerchin

Martyre de saint Pierre, Guerchin

photographie

GUERCHIN, Martyre de saint Pierre, 1619, huile sur toile. Pinacothèque de Modène, Italie. 

Crédits : Bridgeman Images

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—  Marie-Geneviève de LA COSTE-MESSELIÈRE

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  • Écrit par 
  • Noëlle de LA BLANCHARDIÈRE
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Dans le chapitre « Les peintres du XVIIe siècle émilien »  : […] Ce qui attirait les voyageurs des deux derniers siècles – les guides anciens en font foi – , c'était la peinture du xvii e  siècle. De grandes expositions, organisées à Bologne depuis 1954, ont sorti de l'ombre les Carrache, le Guide, Dominiquin, l'Albane, sous-estimés jusque-là au nom de l'antiacadémisme. Mais les amateurs du xviii e et du xix e  siècle en faisaient déjà leurs délices : « Tout […] Lire la suite

Pour citer l’article

Marie-Geneviève de LA COSTE-MESSELIÈRE, « GUERCHIN GIOVANNI FRANCESCO BARBIERI dit (1591-1666) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 août 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/guerchin/