GRUE

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Grand échassier au cou allongé, aux longues pattes et aux cris puissants, vivant dans les zones humides et les prairies sur tous les continents à l'exception de l'Antarctique et de l'Amérique du Sud. Classe : Oiseaux ; ordre : Gruiformes ; famille : Gruidés.

Les grues sont représentées par une quinzaine d'espèces réparties en deux sous-familles : celle des Gruinae ou grues vraies (avec deux genres : Grus et Anthropoides) et celle des Balearicinae ou grues couronnées. La taille de ces grands échassiers varie de 90 centimètres pour la demoiselle de Numidie, encore appelée grue demoiselle (Anthropoides virgo), à 1,70 mètre pour la grue Antigone (Grus antigone) ; la plus lourde, la grue de Mandchourie (Grus japonensis), aussi nommée grue du Japon, pèse près de 12 kilogrammes.

Grues cendrées

Vidéo : Grues cendrées

La grue cendrée (Grus grus), échassier migrateur célèbre pour les «coups de trompette» qu'il pousse en vol, est une espèce protégée en Europe. Elle possède, comme toutes les autres grues, une zone sans plumes au niveau de la tête, laissant apparaître la peau plus ou moins rouge selon... 

Crédits : Wildlife_World / Biosmotion

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Grues couronnées

Photographie : Grues couronnées

Grues couronnées photographiées en Tanzanie, dans le Ngorongoro Crater, zone faisant partie de l'aire de conservation du Ngorongoro. Ces grands échassiers vivant en Afrique sont caractérisés par une touffe de longues plumes dorées ornant leur tête. 

Crédits : C. Jourdan

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Grues du Japon

Photographie : Grues du Japon

La grue du Japon (Grus japonensis), ou grue blanche du Japon, vit sur l'ensemble du continent asiatique. Elle présente un corps blanc orné de noir à l'extrémité des ailes et sur le cou. Au sommet de son crâne, une région de peau nue lui vaut l'appellation anglaise de red crowned crane,... 

Crédits : J. Anon/ Shutterstock

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Les grues vivent généralement dans les zones humides, d'où leurs grandes pattes adaptées à la marche dans l'eau et leur long bec pour fouiller le sol. Les deux espèces du genre Anthropoides possèdent des doigts plus courts (pour la course) et un bec moins long (pour attraper les graines et insectes du sol). Les grues couronnées (genre Balearica) sont les seules à pouvoir se percher dans les arbres, d'où la présence d'un long doigt préhensile. La grue caronculée (Grus carunculatus) est la plus aquatique. Une partie de la tête des grues est dépourvue de plumes, laissant alors apparaître la peau plus ou moins rouge suivant l'état d'excitation de l'oiseau et signe de communication entre individus. En captivité, certaines grues ont atteint l'âge de soixante-dix ans.

Leur alimentation très variée (régime omnivore) se compose, suivant les espèces, de graines, feuilles, fruits, baies, plantes aquatiques, racines, vers, insectes, escargots, reptiles, rongeurs, petits oiseaux...

Beaucoup d'espèces muent complètement, ce qui les rend provisoirement inaptes au vol. Chaque année, à l'automne, les espèces vivant dans l'hémisphère Nord migrent vers le sud, après avoir constitué leurs réserves graisseuses durant l'été : elles se rassemblent en larges colonies puis s'envolent, après une longue course d'élan. Elles utilisent les courants thermiques pour prendre de l'altitude et adoptent une formation en V. Au sein de cette formation, la disposition de chaque individu (par rapport à son prédécesseur) permet de diminuer l'effort lié à la pénétration dans l'air et d'économiser l'énergie. Les grues se laissent porter par les airs, le cou et les pattes étendus dans le prolongement du corps, cherchant régulièrement d'autres courants d'air chaud pour reprendre de l'altitude, ou adotent le vol battu, plus rapide mais moins économique. Certaines grues, comme la grue cendrée (Grus grus), survolent l'Himalaya. Les petits restent près de leurs parents et apprennent la route. La vitesse de vol peut atteindre 80 km/h. Selon la zone de nidification, les grues suivent des routes distinctes jusqu'aux régions d'hivernage.

Toutes les grues « dansent » : les jeunes, les célibataires pour séduire, les couples pour consolider les liens. Sauts, saluts, petits vols, lancers d'objets, accompagnés de cris puissants plus ou moins à l'unisson, sont quelques-unes des phases de ces ballets qui peuvent avoir lieu à tout moment de l'année même s'ils sont plus fréquents au printemps.

Les grues sont monogames, les couples restent unis tout au long de l'année et, tant qu'ils se reproduisent, pour la vie. Lors de la saison de reproduction, les couples défendent leur territoire par des cris, des postures de défense et des attaques. Les mâles et les femelles participent à la fabrication d'un nid de branchages ; seules les deux espèces du genre Anthropoides déposent leurs œufs sur le sol nu. Deux œufs sont pondus (trois chez les grues couronnées, un chez la grue caronculée), couvés pendant 28 à 36 jours, par la femelle la nuit et, alternativement, par le mâle et la femelle le jour, l'autre regagnant l'aire de nourrissage. Les petits, nidifuges et très actifs, sont bruns (gris chez les Anthropoides) et alimentés par le couple pendant les premiers jours. Puis, ils se nourrissent seuls, suivant leurs parents jusqu'à la prochaine saison de reproduction. Ils savent voler, selon les espèces, entre 50 et 130 jours.

Les grues apparaissent souvent dans les légendes et les mythologies, tout particulièrement en Asie où elles symbolisent la longévité, la chance [...]

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Écrit par :

  • : chargée de la valorisation scientifique du département des jardins botaniques et zoologiques du Muséum national d'histoire naturelle

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Pour citer l’article

Emmanuelle GOIX, « GRUE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 03 juillet 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/grue/