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VALERIA GENS

Parmi les anciennes familles patriciennes de la Rome antique, la gens Valeria a bénéficié d'une exceptionnelle longévité, puisque plusieurs de ses membres ont participé aux grands événements non seulement de la République mais aussi de l'Empire. D'origine sabine, la gens Valeria, selon la légende, eut pour premier ancêtre Volusus, compagnon du roi sabin Titus Tatius, qui s'établit à Rome au temps de Romulus. La gens Valeria s'est divisée en de nombreuses branches. Parmi les plus célèbres membres de cette famille illustre, qui se distingue aux premiers temps de la République romaine par son esprit libéral et son respect des droits des plébéiens, on peut citer les suivants.

Publius Valerius Publicola qui prend une part active à l'expulsion de la dynastie des Tarquins et devient consul en ~ 509 avec son collègue Brutus. Il protège les libertés du peuple en faisant voter diverses lois : les pauvres sont déchargés de tout impôt ; tout homme qui aspire à la tyrannie peut être tué sans jugement. Il ordonne que les licteurs abaissent les faisceaux devant le peuple, afin de reconnaître par cet hommage symbolique sa souveraineté. Cette mesure le rend si populaire qu'il reçoit le surnom de Publicola. Élu consul trois autres fois en ~ 508, en ~ 507 et en ~ 504, il est victorieux des Sabins qui disputent à Rome l'autorité sur le Latium ; il meurt pauvre à la fin du ~ vie siècle.

Manius Valerius Maximus, que certains disent frère du précédent, est nommé dictateur en ~ 494, au moment où les dissensions entre plébéiens et patriciens risquent de se transformer en guerre civile, alors même que Rome est cernée et menacée par les peuples d'Étrurie et du Latium. Valerius Maximus promet aux plébéiens endettés que leurs cas seront examinés et ceux-ci acceptent alors de s'enrôler dans l'armée pour combattre les Sabins, les Éques et les Volsques. Après la victoire, Valerius Maximus se heurte à l'opposition des conservateurs et ne peut tenir ses promesses. Aussi, avec droiture, il se démet de ses fonctions, tandis que les plébéiens, courroucés, se retirent sur le mont Sacré. Mais il accepte peu de temps après de faire partie d'un groupe de diplomates chargé de mener les négociations. Il réussit à apaiser la colère des plébéiens qui acceptent de retourner dans le sein de la communauté romaine. Le Sénat lui décerne alors le titre de Maximus.

Ce sera par la suite une tradition de la gens Valeria que de s'entremettre entre la plèbe et la noblesse. Ainsi Lucius Valerius Publicola Potitus réussit à faire revenir à Rome le peuple retiré pour la seconde fois sur le mont Sacré en ~ 449 et Publius Valerius Publicola offre des avantages au peuple pour qu'il l'aide à vaincre une armée d'esclaves révoltés retranchée sur le Capitole.

Marcus Valerius Corvus mérite ce surnom de corbeau parce que, servant comme tribun militaire sous Camille en ~ 349, il provoque un Gaulois en combat singulier et il est secondé dans la lutte par un corbeau qui vient se poser sur son casque et qui s'élance sur son adversaire pour lui déchirer le visage du bec. Consul à six reprises, et la première fois à l'âge de vingt-trois ans, il facilite l'installation des Romains en Campanie, après avoir vaincu les Volsques et les Samnites et assuré la sécurité au nord de Rome en repoussant les Étrusques. Dans son Caton (Cato Major sive De senectute), Cicéron prétend qu'il mourut centenaire.

Publius Valerius Laevinus, consul en ~ 280, est défait par Pyrrhus, roi d'Épire, qui s'écrie à la fin de la bataille : « Encore une victoire semblable et nous sommes perdus ! », d'où l'expression : une victoire à la Pyrrhus. Marcus Valerius Laevinus, préteur en ~ 215, réussit à contenir les menées expansionnistes de Philippe de Macédoine. Élu consul en ~ 211, il achève la conquête de la [...]

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Écrit par

  • : diplômé d'études supérieures d'histoire, directeur de collections historiques

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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