GAUDIER dit GAUDIER-BRZESKA HENRI (1891-1915)

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Né près d'Orléans, ce sculpteur français est cependant beaucoup plus connu en Angleterre où s'est déroulée sa courte carrière. Les parents d'Henri Gaudier le destinent à une carrière commerciale et des bourses le conduisent en Angleterre (1906 et 1908) et en Allemagne (1909). Ses tendances artistiques se manifestent très tôt et il semble avoir toujours dessiné. Il est vrai que la tradition familiale lui attribuait des ancêtres ayant travaillé aux sculptures de la cathédrale de Chartres. Lorsque, de retour en France, il travaille à Paris, en 1910, il passe ses heures de loisir à fréquenter le Louvre et la bibliothèque Sainte-Geneviève où il rencontre Sophie Brzeska avec qui il va partager sa vie ; désormais il signera ses œuvres de leurs deux noms. Le scandale provoqué par sa liaison avec cette femme deux fois plus âgée que lui et surtout le désir d'échapper à un long service militaire les poussent à s'installer à Londres dès 1911. Au contact d'Epstein et des autres artistes d'avant-garde qui vont fonder le vorticisme, Gaudier commence à réaliser des sculptures où il essaie de trouver un mode d'expression véritablement moderne. Il n'est que de lire sa correspondance avec Sophie Brzeska pour comprendre ses buts et ses aspirations. Partant de l'exemple de Rodin, il arrivera peu à peu à sculpter des œuvres aux plans simplifiés, qui révèlent son intérêt pour les arts dits primitifs et qui annoncent la sculpture abstraite. Parmi ses œuvres importantes, citons la Tête hiératique d'Ezra Pound qui présente une certaine analogie avec les sculptures de l'île de Pâques, la Femme assise (musée national d'Art moderne, Paris) et la Danseuse en pierre rouge (Tate Gallery, Londres), témoignages de son assimilation de l'art nègre, les Cerfs (musée de Chicago) et les Oiseaux debout (Museum of Modern Art, New York), proches de l'abstraction. C'est au Kettle's Yard de Cambridge que se trouve le plus important ensemble de ses œuvres. Cette carrière prometteuse fut malheureusement interrompue par la guerre puisque Gaudier fut tué sur le front à Neuville-Saint-Vaast. En 1972, un film, Le Messie sauvage, a été réalisé par Ken Russel sur Gaudier, mais dans sa spéculation sur les rapports ambigus du sculpteur avec Sophie Brzeska il ne donne malheureusement pas une idée très juste de la personnalité de l'artiste et de ses motivations véritables.

—  Nicole BARBIER

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  • Écrit par 
  • Paul-Louis RINUY
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Dans le chapitre « 1914, Londres, creuset de la sculpture moderne »  : […] En 1914, à côté de Paris qui continue de jouer un rôle de capitale des arts bien connu, Londres s'affirme comme un des creusets de la sculpture moderne. Rodin lui-même, qui fréquente l'Angleterre depuis 1881 et y a rencontré d'importants succès, s'y réfugie pour échapper aux troubles de la guerre. Il présente au South Kensington Park une importante exposition, alors que ses célèbres Bourgeois de […] Lire la suite

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Nicole BARBIER, « GAUDIER dit GAUDIER-BRZESKA HENRI - (1891-1915) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 22 septembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/gaudier-gaudier-brzeska/