MISTRAL FRÉDÉRIC (1830-1914)

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Le poète et l'action

L'œuvre poétique de Mistral ne se sépare pas de l'action : lui-même a voulu que ses poèmes soient des actes pour la défense de la Provence. Avant même la parution de Mirèio, il avait participé aux congrès d'Arles et d'Aix pour la rénovation de la langue et des lettres d'oc. En 1854, il fonda, à Font-Ségugne, le félibrige avec six autres jeunes poètes (Roumanille, Aubanel, Brunet, Giera, Mathieu et Tavan). Directement ou indirectement, Mistral, toute sa vie, s'occupa du développement du félibrige qui s'étendit rapidement à toutes les provinces d'oc, jadis illustrées par les troubadours.

L'action du poète s'étendit au-delà des limites de l'Occitanie. Il lia des relations étroites avec la Renaissance catalane (cf. catalogne, chap. 3). Il s'efforça de créer une Union latine, avec une attention particulière pour la jeune Roumanie. Il présida avec Egger, Mila y Fontanès, les philologues Paris et Bréal, les Fêtes latines de Montpellier en 1875 où fut couronné le poète national roumain Vasile Alecsandri.

Tout au long de sa vie, Mistral doubla son œuvre de poète d'une œuvre de publiciste. Il écrivit de très nombreuses préfaces aux ouvrages de poètes et prosateurs en langue d'oc. Il fonda, à l'usage du peuple, l'Almanach provençal (Armana Prouvençau, 1855), inspira le journal l'Aîòli. Il créa également le Museon Arlaten destiné à recueillir les reliques attestant l'originalité de l'antique Provence. Pour illustrer sa langue d'une autre façon, il traduisit la Genèsi (1910). Mais surtout, il consacra une grande partie de son temps à l'élaboration du Tresor dòu felibrige (1878), somme des parlers d'oc, qui, à lui seul, eût suffi à remplir la vie d'un chercheur.

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OCCITANES LANGUE ET LITTÉRATURE

  • Écrit par 
  • Pierre BEC, 
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Dans le chapitre « Et Mistral vint... »  : […] Les fortes personnalités de Jasmin ou de Gelu sont caractéristiques d'individus rebelles à toute forme d'organisation ou de regroupement : pour eux, l'occitan est avant tout la langue qui leur permet, par le cri ou les larmes, d'exprimer au plus près certains aspects de la vie populaire. C'est donc sans eux, voire même contre eux et leurs semblables, que prennent forme, autour des années 1850, le […] Lire la suite

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Charles CAMPROUX, « MISTRAL FRÉDÉRIC - (1830-1914) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 septembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/frederic-mistral/