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NIGHTINGALE FLORENCE (1820-1910)

Infirmière britannique née le 12 mai 1820 à Florence (Italie), morte le 13 août 1910 à Londres.

Issue d'une famille aisée, Florence Nightingale reçoit de son père une éducation complète et fait bientôt preuve d'esprit d'indépendance. Ses parents refusent qu'elle s'initie aux soins infirmiers en travaillant dans un hôpital et la persuadent d'étudier les rapports parlementaires sur les questions de santé. En trois ans, elle devient une experte en matière de santé publique et de structures hospitalières.

En 1846, l'un de ses amis lui envoie un ouvrage sur un institut de diaconesses situé à Kaiserswerth, en Allemagne, qui apprend aux jeunes paysannes à soigner les malades. Quatre ans plus tard, Florence Nightingale rejoint cette institution, où elle suit une formation complète d'infirmière. Nommée directrice d'une institution londonienne pour dames invalides en 1853, elle y met en place une administration efficace, mais aspire très vite à un champ d'action plus vaste.

La guerre de Crimée éclate en mars 1854 et les troupes britanniques et françaises débarquent dans la péninsule en septembre. Presque aussitôt, la presse britannique rapporte les conditions effroyables dans lesquelles sont soignés les soldats malades et blessés au front. Florence Nightingale se porte aussitôt volontaire pour partir, accompagnée de trois infirmières, mais son ami Sidney Herbert, alors secrétaire d'État à la guerre, lui propose d'être l'infirmière en chef de tous les hôpitaux militaires du corps expéditionnaire en Turquie. Partie d'Angleterre le 21 octobre 1854, elle arrive à l'hôpital-caserne de Scutari le 5 novembre.

Elle y découvre des logements infestés de rats et de puces et des rations d'eau quotidiennes limitées à un demi-litre par personne. Les médecins, hostiles à sa présence, interdisent dans un premier temps l'entrée de la salle d'hôpital aux infirmières. Cependant, la bataille d'Inkermann, qui s'est tenue le jour même de leur arrivée, a rapidement envahi l'hôpital de malades et de blessés. On manque de lits, de vêtements et de draps, les hommes s'entassent sur des paillasses le long des couloirs. On appelle alors Florence Nightingale à l'aide. Ses premiers gestes sont pour commander des brosses à lessive et faire nettoyer le bâtiment et les draps des patients.

Face à la disparition des stocks, Florence Nightingale achète du matériel avec les 30 000 livres qu'elle a apportées avec elle. Dès la fin de l'année, c'est elle qui gère l'approvisionnement de l'hôpital. Harcelée par les tracas administratifs, une vaste correspondance et la rédaction de nombreux rapports, elle doit également faire face à l'insubordination de ses infirmières et en renvoyer certaines pour état d'ivresse et immoralité. Elle passe en outre de longues heures au chevet des malades. Ayant interdit la présence des femmes dans la salle d'hôpital le soir après vingt heures, elle confie les soins de nuit à des convalescents.

En mai 1855, les soins passent au second plan de ses préoccupations, elle s'intéresse désormais au bien-être des soldats au combat. Accompagnée de quelques infirmières, elle part s'installer à Balaklava, dans la péninsule de Crimée. L'inspecteur général des hôpitaux lui rappelle alors qu'elle n'a d'autorité que sur l'hôpital de Scutari. Il lui faudra attendre mars 1856 pour qu'un ordre officiel la confirme au poste de directrice des infirmières des hôpitaux militaires de l'armée.

Peu après la sortie du dernier patient de l'hôpital militaire, Florence Nightingale rentre en Angleterre, où elle devenue un héros national. Fuyant cette image, elle se remet aussitôt au travail afin d'améliorer la santé, les conditions de vie et l'alimentation des soldats britanniques,[...]

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Écrit par

  • : ancien directeur de l'Institut Wellcome d'histoire de la médecine à Londres, éditeur en sciences, en médecine et en histoire

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

  • CHIRURGIE

    • Écrit par Claude d' ALLAINES, Jean-Édouard CLOTTEAU, Didier LAVERGNE
    • 8 668 mots
    • 5 médias
    ...blanche et d'une calotte y est indispensable. Une « salle de stérilisation » doit lui être annexée, où l'on nettoie et aseptise le matériel. Un personnel infirmier doit être créé et formé. Des écoles d'infirmières naissent un peu partout dans le monde, sous l'influence de Florence Nightingale (1823-1910).

Voir aussi