Abonnez-vous à Universalis pour 1 euro

FLEISCHER MAX (1889-1972) et DAVE (1894-1979)

  • Article mis en ligne le
  • Modifié le
  • Écrit par

Les deux frères, Max et Dave, sont d'origine autrichienne. Ils débutèrent à New York comme caricaturistes et dessinateurs de « strips » vers 1910. Pendant la Première Guerre mondiale, Max se trouva orienté vers la production de courts dessins animés destinés à l'instruction militaire. En 1920, les deux frères s'associèrent pour persévérer dans cette voie nouvelle. Leur première série, Hors de l'encrier (Out of the Inkwell), où les personnages dessinés par Dave « sortaient » d'un encrier, connut un grand succès, car ils révélaient un secret de fabrication : à la fin de chaque aventure, le clown Koko, leur héros favori, revenait s'immobiliser sur la feuille de papier qui l'avait fait naître.

On retiendra quelques dessins animés du plus pur « nonsense » (Snoopocracy, 1933) en marge des deux grandes séries de cartoons fondées sur Betty Boop (1930-1935) et Popeye (les Fleischer réussirent à faire durer ses aventures de 1930 à 1947, un record). La première de ces deux séries fit scandale : son héroïne, corps rondelet et très souple, accroche-cœurs et jupe courte, ressemblait trop aux flappers honnies par la bonne société. Même dans ses films les plus familiaux, les plus anodins, elle se trémoussait et chantait d'une façon qui valut à ses auteurs des ennuis judiciaires. Elle disparut, alors que sa silhouette, symbole de liberté sexuelle, était devenue mondialement célèbre. Les frères Fleischer avaient eu, entre autres trouvailles, l'idée de la faire apparaître et danser devant l'orchestre de Cab Calloway filmé en prises réelles. Ils eurent plus de chance avec Popeye le Marin, dont les aventures obéissent à un schéma enfantin : humiliation (ou danger grave) menaçant son éternelle fiancée, Olive, qu'il efface grâce à l'absorption rituelle et parfaitement incongrue... d'une boîte d'épinards, laquelle lui donne la force de vaincre ses adversaires, neuf fois sur dix un stupide géant.

Cependant, dans le détail, les bandes dessinées des Fleischer montrent une intention satirique plus adulte. En 1939, inquiets de la concurrence de Disney, ils présentèrent un dessin animé de long métrage, Les Voyages de Gulliver, qui fut un échec (malgré de fort bons moments). Leur appareillage technique ne pouvait soutenir la comparaison avec celui de Disney, comme le démontra leur seconde tentative : Douce et Criquet s'aimaient d'amour tendre (Mr. Bugs goes to Town, 1941). Dès 1942, les deux frères se séparèrent : Dave entra chez Columbia, Max à partir de 1947 s'occupa de cinéma industriel (en 1923, il avait déjà réalisé, seul, un curieux film de vulgarisation scientifique : The Einstein Theory of Relativity, sous la supervision directe d'Einstein).

— Gérard LEGRAND

La suite de cet article est accessible aux abonnés

  • Des contenus variés, complets et fiables
  • Accessible sur tous les écrans
  • Pas de publicité

Découvrez nos offres

Déjà abonné ? Se connecter

Écrit par

Classification

Pour citer cet article

Gérard LEGRAND. FLEISCHER MAX (1889-1972) et DAVE (1894-1979) [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Article mis en ligne le et modifié le 14/03/2009

Autres références

  • CINÉMA (Cinémas parallèles) - Le cinéma d'animation

    • Écrit par et
    • 17 657 mots
    • 6 médias
    ...graphique et visuel des films, vont aider l'animation à se développer suivant des voies qui lui sont propres, aboutissant à la vitalité exemplaire du Koko the Clown (1915) de Dave et Max Fleischer, comme à l'énergie picaresque et chorégraphique des Farmer Al Falfa (1919) et des Æsop's Fables...