FIRMICUS MATERNUS JULIUS (IVe s.)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Prosateur chrétien dont nous connaissons deux ouvrages de caractère tout à fait différent : un manuel d'astrologie (Matheseos libri VIII) et un traité particulièrement violent « sur l'erreur des religions profanes » (De errore profanarum religionum). S'agit-il dans les deux cas du même Firmicus ? Tout le laisse supposer. En effet, les deux ouvrages sont pour ainsi dire contemporains, le premier date des années 335-337, le second des années 346-350. De plus, dans son manuel d'astrologie, Firmicus signale qu'il est natif de Sicile, pays que connaît fort bien l'auteur du second ouvrage. Enfin, dans ces deux œuvres, on retrouve les mêmes traits de langue et de style. Le manuel Matheseos libri VIII fournit non seulement des renseignements précieux sur l'astrologie (c'est d'ailleurs l'ouvrage le plus important que nous ait livré l'Antiquité sur un tel sujet) mais aussi sur Firmicus lui-même : il appartenait à l'ordre sénatorial et s'était d'abord consacré au barreau que, par dégoût, il avait ensuite abandonné. Le sujet qu'il traite laisse supposer qu'au moment où il a composé cet ouvrage il ne s'était pas encore converti, puisque l'astrologie était suspecte au christianisme. Cependant, certains passages (en particulier l'ouverture des livres V et VII) permettent de prévoir sa conversion. Avec le De errore, Firmicus montre le ridicule des cultes païens en réfutant d'abord la divinisation des éléments (l'eau, la terre, l'air, le feu), puis les cultes orientaux. À cette critique, l'auteur joint sans cesse un appel aux empereurs Constance et Constant pour qu'ils soutiennent son action (c'est là un des aspects de l'ouvrage les plus intéressants, parce que les plus nouveaux, à cette époque où l'appel à l'État en matière religieuse n'était guère fréquent, surtout de la part de chrétiens). Malgré la passion qui anime l'auteur, il faut avouer que l'ensemble de son œuvre demeure peu original ; nous y trouvons beaucoup d'emprunts à Cyprien, à Minucius Felix, à Arnobe, quant aux citations bibliques et aux idées ; à Térence, à Salluste, à Tite-Live, à Virgile, quant aux tours et expressions.

—  Élizabeth BINE

Écrit par :

Classification


Autres références

«  FIRMICUS MATERNUS JULIUS ( IV e s.)  » est également traité dans :

LATINES (LANGUE ET LITTÉRATURE) - La littérature chrétienne

  • Écrit par 
  • Pierre HADOT
  •  • 6 338 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Caractéristiques générales »  : […] Les littératures chrétiennes en général, qu'elles soient de langue grecque ou de langue latine, sont des littératures de lutte, lutte contre les païens ou, à l'intérieur du christianisme, lutte contre les hétérodoxes, gnostiques, manichéens, ariens, nestoriens (ou monophysites), pélagiens, donatistes et schismatiques de tout genre. Mais cet aspect […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/latines-langue-et-litterature-la-litterature-chretienne/#i_5789

Pour citer l’article

Élizabeth BINE, « FIRMICUS MATERNUS JULIUS (IVe s.) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 mars 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/firmicus-maternus-julius/